Conversation au-dessus du vide

de Jean-Pierre Gandebeuf

Conversation au-dessus du vide

Ce texte a été écrit en mai 1989, tout de suite après la mort de ma mère.
J’avais noté en la veillant, les phrases qu’elle prononçait dans son délire démentiel.
Elle n’avait qu’une conscience physique de ma présence et ne m’identifiait pas, sauf quelques fulgurances peut-être.
J’ai pris sur moi de relever sur un carnet, les commentaires qui lui passaient par la tête, propos passés au filtre de l’inconscient et qui, dans bien des cas, remontaient à l’enfance.
Les phrases en italique, sorties de sa bouche, ont été restituées telles quelles, sans une retouche.
J’ai simplement rempli les vides en m’efforçant de rendre cohérent l’incohérence, en bâtissant ce dialogue imaginaire et par bien des côtés, surréaliste.

Paru le 30 octobre 2020

Éditeur : La boucherie littéraire

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.