Conversation au-dessus du vide

de Jean-Pierre Gandebeuf

Conversation au-dessus du vide

Ce texte a été écrit en mai 1989, tout de suite après la mort de ma mère.
J’avais noté en la veillant, les phrases qu’elle prononçait dans son délire démentiel.
Elle n’avait qu’une conscience physique de ma présence et ne m’identifiait pas, sauf quelques fulgurances peut-être.
J’ai pris sur moi de relever sur un carnet, les commentaires qui lui passaient par la tête, propos passés au filtre de l’inconscient et qui, dans bien des cas, remontaient à l’enfance.
Les phrases en italique, sorties de sa bouche, ont été restituées telles quelles, sans une retouche.
J’ai simplement rempli les vides en m’efforçant de rendre cohérent l’incohérence, en bâtissant ce dialogue imaginaire et par bien des côtés, surréaliste.

Paru le 30 octobre 2020

Éditeur : La boucherie littéraire

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

L’homme désert

Il n’y a pas d’aigle sans désirs.
Il n’y a pas d’aveugle sans regard.
Il n’y a pas de Bonheur.

Mais il n’y jamais ce chant tournoyant et délivrant, cette Parole de toujours, cette terrasse de splendeur portée entre les bras du jour, il n’y a pas ce chant et cette bouche qui chante, et ce corps qui chante cette bouche, et ce désir qui chante ce corps qui l’emporte à sourire, s’il n’y a pas Celle même qui attend encore, au milieu des palmes et des pluies, d’être déliée de son ombre.

André Delons, L’homme désert, Éditions Rougerie, 1986.