Conversation au-dessus du vide

de Jean-Pierre Gandebeuf

Conversation au-dessus du vide

Ce texte a été écrit en mai 1989, tout de suite après la mort de ma mère.
J’avais noté en la veillant, les phrases qu’elle prononçait dans son délire démentiel.
Elle n’avait qu’une conscience physique de ma présence et ne m’identifiait pas, sauf quelques fulgurances peut-être.
J’ai pris sur moi de relever sur un carnet, les commentaires qui lui passaient par la tête, propos passés au filtre de l’inconscient et qui, dans bien des cas, remontaient à l’enfance.
Les phrases en italique, sorties de sa bouche, ont été restituées telles quelles, sans une retouche.
J’ai simplement rempli les vides en m’efforçant de rendre cohérent l’incohérence, en bâtissant ce dialogue imaginaire et par bien des côtés, surréaliste.

Paru le 30 octobre 2020

Éditeur : La boucherie littéraire

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Sed satis est jam posse mori. Lucain

Naître, et ne pas savoir que l’enfance éphémère,
Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
Est l’âge du bonheur, et le plus beau moment
Que l’homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !

Victor Hugo, 1802-1885, « Sed satis est jam posse mori. Lucain », Les feuilles d’automne, 1831.