Corps à réinventer

Auteur : Charles Dobzynski

<i>Corps à réinventer</i>

Qu’est-ce que le corps, sinon le rendez-vous de toute une vie, à commencer par la naissance ? De cette enveloppe chamelle, comment sortir ? Le poète, lui, prend la tangente ou la cavale. Faute d’inventer son propre corps, il tente de le réinventer dans toutes ses ramifications, physiologiques, familiales, imaginaires, etc. Il est en recherche de paternité, ce qui le conduit à procéder par le truchement de la fiction, à des inventaires, où le sens de la dérision, l’humour, parfois l’humour macabre, tiennent une grande place. Par exemple dans le « faire-part » que l’auteur s’adresse à lui-même. Quitter son propre corps, c’est une façon de retrouver le monde, ses mystères, ses surprises et ses absurdités.

Paru le 1er juin 2005

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.