Correspondance

1913-1918

Auteur : Guillaume Apollinaire

Correspondance

Quand Paul Guillaume rencontre le poète Guillaume Apollinaire en 1911, il ne peut se prévaloir que de sa jeunesse, de son ambition, et de l’intérêt qu’il porte aux arts africains et océaniens. Comment cet inconnu de 19 ans, d’origine modeste, est-il devenu, en moins de dix ans, l’un des marchands d’art les plus influents et les plus éclairés de son époque ? Cette correspondance croisée raconte les années décisives d’une trajectoire exemplaire, qui sut conjuguer une remarquable intuition artistique à une stratégie commerciale innovante. Si le
poète et le galeriste n’ont pas toujours les mêmes objectifs ni les mêmes intérêts, ils ont tous deux un sens aigu de la modernité. Grâce au soutien d’Apollinaire, Paul Guillaume contribue à promouvoir la peinture de son temps (De Chirico, Derain, Gontcharova, Larionov, Matisse, Modigliani, Picasso, etc.) et à réévaluer la place des arts premiers dans le paysage artistique du XXe siècle. Après la mort d’Apollinaire en 1918, il poursuit sa lancée en France et aux États-Unis, avant de disparaître en 1934. Aujourd’hui, sa collection constitue l’une des pièces maîtresses du musée de l’Orangerie à Paris.

En grande partie inédite, cette correspondance rassemble 120 lettres, enrichies de documents et d’illustrations rares, également souvent inédits, accompagnées d’une introduction, de notes et de commentaires qui en éclairent le contexte et les significations. En présentant les deux correspondants sous un nouveau jour, elle raconte à sa manière la genèse de l’art moderne.

Paru le 15 avril 2016

Éditeur : Gallimard

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.