Correspondance (1911-1931)

Anna de Noailles, Jean Cocteau

Auteur : Anna de Noailles

Correspondance (1911-1931)

Première parution en 1989.
Introduction et notes de Claude Mignot-Ogliastri.
Nouvelle édition en 2019.

Jean Cocteau (1889-1963) demeura, par-delà les modes, fidèle au souvenir d’Anna de Noailles (1876-1933). Il savait par cœur Les Éblouissements (1907) quatre ans avant d’en connaître l’auteur. Quand elle mourut, il parla d’elle comme d’« une sœur ». En 1963, il lui consacra son dernier livre.

Pour la femme-poète fascinante du Cœur innombrable et du Visage émerveillé, « Pallas » moqueuse et « Sibylle » inspirée, la dévotion du Prince frivole s’était muée en une solide amitié, dont témoigne cette correspondance en majeure partie inédite : de 1911 à 1931, trente-six lettres d’elle et quarante-six de lui. Toute une époque y revit, et particulièrement le Cocteau débutant qu’éclaire aussi le témoignage de Jacques-Émile Blanche, révélé en annexe. On comprend comment, au jeune homme fragile de 1911, Anna de Noailles avait insufflé sa foi en la puissance surnaturelle de la poésie.

Paru le 29 novembre 2019

Éditeur : Gallimard

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.