Correspondance (1966/1977) Georges Perros / Vera Feyder

Auteur : Vera Feyder

"Touchés par je ne sais quelle horreur à vivre qui vous prend sans prévenir" écrit Georges Perros à Vera Feyder en octobre 1970, d’où l’intuition intime, dès leur première rencontre en 1966, d’une complicité qui n’aura besoin pour s’affirmer que d’avoir reconnu au premier signe ce niveau d’être, auquel les mots - et les silences aussi bien - tissent entre eux une connivence intemporelle, dont la preuve écrite tient en ces quelques lettres où l’auteur de "Papiers collés" et l’auteure de "La derelitta" se retrouevent dans l’infini d’une solitude choisie, envers et contre tous les artifices du paraître (ils ont tous deux été comédiens au théâtre) qu’impose le monde à ceux qui ont tenté, contre la dictature et l’inanité de ses lois marchandes, de s’y faire un "non" par la grâce salvatrice de l’écriture. Dont acte."

Paru le 1er mars 2007

Éditeur : La Part commune

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.