Correspondance Paris – Buenos Aires 1961-1972

Auteurs : Alejandra Pizarnik, André Pieyre de Mandiargues

Correspondance Paris – Buenos Aires 1961-1972

Alejandra Pizarnik écrit, veut être écrivain et a déjà publié trois petits livres de poèmes à Buenos Aires, quand elle arrive à Paris en avril 1960. Un an après, elle fait la connaissance d’André Pieyre de Mandiargues, « l’écrivain surréaliste », avec qui elle commence à correspondre en français — les premiers échanges témoignent d’un respect (et charme) mutuel, mais plutôt réservé (quoique toujours espiègle) ; les derniers, d’une complicité intellectuelle et d’une charge affective profondes et éclatantes. Après le retour de Pizarnik en Argentine, il n’y a pas une lettre où ils ne déclarent leur désir de se retrouver à Paris.

La petite centaine de lettres et cartes (enrichie de poèmes et photos) d’Alejandra Pizarnik et d’André Pieyre de Mandiargues qui forme ce volume, fourmille de vie et de poésie, de sourires timides et de rires complices. A.P. et A.P.M. s’entendent d’emblée, s’aiment et s’admirent, se lisent et se traduisent, instaurent une relation « à distance » d’une réciprocité étonnante.
Entièrement inédite, cette correspondance entre les deux écrivains durera une vie, la brève vie de « l’éternelle mélancolique ».

« Ma première année à Paris est passée comme si de rien était. Paris n’est finalement un prétexte, un lieu d’essai, juste pour voir si je peux vivre, apprendre à vivre ».

Paru le 13 septembre 2018

Éditeur : Ypsilon éditeur

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.