Cortège et Epinicie de David Rosenmann-Taub

Cortège et Epinicie de David Rosenmann-Taub

Édition bilingue. Traduit de l’espagnol (Chili) par Luc Brébion

Le mot de l’éditeur : Cortejo y Epinicio… À sa parution en 1949, ce premier recueil de David Rosenmann-Taub fut accueilli comme une révélation. Au point de faire dire à l’écrivain Francis de Miomandre : « Il possède une qualité et un accent tout à fait exceptionnels et je ne vois personne, même ici en France, qui ose aborder l’expression poétique avec une aussi déchirante violence. » Pour autant, l’œuvre de David Rosenmann-Taub manqua son rendez-vous avec la France puisqu’elle ne fut jusqu’alors jamais traduite dans notre langue. En publiant aujourd’hui ce premier recueil maintes fois remanié, j’entends faire sortir de l’ombre un poète rare. Place à la créativité singulière, souvent exubérante, d’un écrivain qui sait ouvrir la vie immédiate à d’insondables profondeurs.

Extrait :

« Puma de lumière : j’ai plongé
dans la chambre de Sara,
remuant une chimère de pudeurs et de muscs
dans les tiroirs où il n’y a plus rien :
ivresse de dalles trempées de pluie,
de portraits ou de broches ou d’acacias. »

Paru le 1er novembre 2011

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.