Couper ici de Daniel De Bruycker

"passants pressés passés présents
à peine entrés déjà sortis d’où tout restait à faire -
roulés sur la paume du temps, sous l’oeil
tantôt clair tantôt noir de la lumière ;
venus sans trace, restés sans face, passés sans place
précaire chapelet de noms, de lieux, de jours".

A tout poème, son début et une fin - ouverte. A tout poète, son élan jusqu’au point de rupture, qui laisse apparaître le lecteur. Le poème condense les splendeurs et la métaphysique du monde, le poète témoigne d’un impossible achèvement, pour l’homme comme l’oeuvre. De même qu’il s’agit d’éprouver que le temps nous traverse, que le miroir inverse et que les fleuves passent en deux sens, il faut accpeter la séparation pour célébrer la rencontre, tourner le dos pour s’exposer encore et envisager le voyage pour que grandisse le cheminement. Avec Couper ici, Daniel de Bruycker inaugure une réconciliation entre l’horizon et ses labyrinthes.

Paru le 1er février 2006

Éditeur : Le Taillis pré

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.