Couper ici de Daniel De Bruycker

"passants pressés passés présents
à peine entrés déjà sortis d’où tout restait à faire -
roulés sur la paume du temps, sous l’oeil
tantôt clair tantôt noir de la lumière ;
venus sans trace, restés sans face, passés sans place
précaire chapelet de noms, de lieux, de jours".

A tout poème, son début et une fin - ouverte. A tout poète, son élan jusqu’au point de rupture, qui laisse apparaître le lecteur. Le poème condense les splendeurs et la métaphysique du monde, le poète témoigne d’un impossible achèvement, pour l’homme comme l’oeuvre. De même qu’il s’agit d’éprouver que le temps nous traverse, que le miroir inverse et que les fleuves passent en deux sens, il faut accpeter la séparation pour célébrer la rencontre, tourner le dos pour s’exposer encore et envisager le voyage pour que grandisse le cheminement. Avec Couper ici, Daniel de Bruycker inaugure une réconciliation entre l’horizon et ses labyrinthes.

Paru le 1er février 2006

Éditeur : Le Taillis pré

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.