Couper n’est pas jouer

Auteur : Bernard Heidsieck

Couper n’est pas jouer est un collage, ou plutôt le « s a m p l e » d’un texte théorique sur la poésie action intitulé Notes convergentes (« poésie-action et magnétophone »), et d’enregistrements directement prélevés dans l’actualité politique : débat à la chambre des députés, slogans, foules et cris de m a n i f e s t a t i o n s . Cette pièce sonore, d’une durée de 55 minutes, est un geste essentiel dans l’œuvre de Bernard Heidsieck, mais également dans l’histoire de la poésie sonore ; car si l’invention du cut-up remonte à 1959 (par Brion Gysin, un ami proche d’Heidsieck), la technique en est ici développée et utilisée systématiquement pour la première fois, dans une volonté d’affirmation d’une poésie sémantique. N o u s sommes en 1968, et cette pièce reflète l’extrême lien qui existe entre expérimentation artistique, débat social et pensée politique. Une pièce incontournable de Bernard Heidsieck dans un petit livre tout en couleurs qui en offre également l’écoute via un CD…

Paru le 1er février 2005

Éditeur : Al Dante

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.