Dans l’éclat des feuilles vives d’Emmanuelle Favier

Dans l'éclat des feuilles vives d'Emmanuelle Favier

"…Le matin elle court sur les pierres en rugissant, à midi elle dévore les feuilles de palme marbrées qui couvrent sa demeure, le soir elle tue les étoiles en jetant de pleines poignées de cailloux, vêtue d’une longue robe dont les plis traînent sur le ciment gluant de chaleur.

L’été, elle assèche sa soif aux nèbles voraces
Ou vogue, furieuse, dans l’oeil des marais salants.

Elle est un ciel d’orage.
Elle est un golfe où l’on peut boire à longues gorgées silencieuses.
Elle est une traînée de poudre qu’un vent disperse,
Puis, sans doute, n’est rien plus que ce vent."

Paru le 1er décembre 2005

Éditeur : La Musaraigne

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.