Dans la paroi de verre

Germain Roesz

Dans la paroi de verre

Les pas s’égrènent dans un brouillard où le sens apparaît et disparait. C’est l’observation des jours qui passent, qui s’accumulent, qui fuient. C’est la notation du tremblement du corps, de l’âme et des mots qui le lisent. C’est la parole qui bégaye, qui reprend pour comprendre, qui abandonne pour mieux saisir. C’est la colère et l’épuisement. C’est la main incandescente qui brûle ce qu’elle touche et qui se consume de même. C’est le regard qui pénètre le trou noir du voir pour mieux toucher la couleur. […] Une paroi de verre nous regarde, nous sépare et nous contient.

Paru le 12 juillet 2021

Éditeur : Les Lieux-Dits

Poème
de l’instant

Léopold Sédar Senghor

Femme noire

Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie,
de ta forme qui est beauté !
J’ai grandi à ton ombre ;
la douceur de tes mains bandait mes yeux.
Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi,
je te découvre, Terre promise,
du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur,
comme l’éclair d’un aigle.

Léopold Sédar Senghor, 1906-2001, « Femme noire », Chants d’ombre, Éditions Points, 2021.