Dans le Morde de Dominique Dou

Dans le Morde de Dominique Dou

De l’ivresse

Je vous attends -
au tournant -
je vous autorise mais
je me brise en attendant - mais
je vous attends je suis seule à vous attendre -
pour vous je secoue -
je n’attends ni le noir ni la patmo -
c’est là.
J’attends votre compagnie -
je l’entends la pâte qui lève
comme le bon pain j’attends contre
l’ivraie qui rend le livre -
mettez-moi au courant des ivres
branchez-moi branchez-vous sur
moi je vous autorise à me secouer
supérieurement -
ce n’est pas assez je sais -
c’est là je l’entends
venez là où j’entends - me laissez pas
seule - devant -
compagnez-moi dans le désir supérieur
faites pâte avec moi
levez avec moi levez -
ce qui peut l’être -

qui peut l’être en compagnie
intérieurement levée
intimement étirée
certainement pétrie
par vos mains disparues compagnes -
hautes en désir -
beaucoup peu haute fois l’être
maintes fois l’être -
demandé - prié personnellement
séparé de ce qui encombre -
j’attends dans l’air supérieur de monter -
vers vous.

Paru le 1er mars 2013

Éditeur : Dumerchez

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lettre à George Sand

25 juillet 1833,

Mon cher George,

J’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire. Je vous l’écris sottement, au lieu de vous l’avoir dit, je ne sais pourquoi, en rentrant de cette promenade. J’en serai désolé ce soir. Vous allez me rire au nez, me prendre pour un faiseur de phrases dans tous mes rapports avec vous jusqu’ici. Vous me mettrez à la porte et vous croirez que je mens. Je suis amoureux de vous, je le suis depuis le premier jour où j’ai été chez vous.

Alfred de Musset, 1810-1857, Lettre à George Sand.