Dans le jardin de mon père de Jean-Pierre Sautreau

<i>Dans le jardin de mon père</i> de Jean-Pierre Sautreau

« Outils, tracés, lignes. écritures et jardinage sont parents. deux activités avec un air de famille, réunies dans la même personne, jardinier-poète, poète-jardinier. Jean-Pierre Sautreau a semé ces courtes proses comme autant de couplets composant la bonne chanson du père. (…)

Les découpages collages du peintre Camélus, aux couleurs de terre, d’herbe et de ciel, poussant de planche en planche entre les paragraphes, ajoutent au plaisir de la visite, voyage guidé à travers le temps, permanence et transformations. »

Extrait de la préface de Lucien Suel.

Illustré par Camélus.

Paru le 1er novembre 2013

Éditeur : Soc et foc

Genre de la parution : Jeunesse

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage