Dans le village des mères

Vénus Khoury-Ghata

Dans le village des mères

Les journées tiennent dans un seau d’eau

Les puits réservés aux morts qui éclaboussent les murs de leur silence de suie

Fatiguées d’essorer un temps humide

Les femmes s’adossent à l’air

S’adossent aux arbres entravés où les abeilles font leur miel entre résine et sueur

Les femmes du village des mères partagent leur fatigue avec les vents charpentiers

Elles redressent les maisons renversées par les enfants maladroits

Quatre hivers en un répètent-elles en direction des quatre points cardinaux

Un temps à ne pas mettre une maison dehors

Seuls les chemins sont libres d’aller là où ils veulent

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes