Danubiennes

Douze voix féminines de la poésie slovaque contemporaine

Danubiennes

Traducteur : Jeanine Baude et Miroslava Vallova
Préfacier : Jeanine Baude
Postfacier : Derek Rebro
Illustrations : Maria Desmée

Cet ouvrage comprend 15 monotypes de la plasticienne Maria Desmée.

Découvrir un pays, un style, des femmes, leur histoire derrière celle chaotique de nos vingtième et vingt et unième siècles dans le corps d’un poème, dans son expression, son emplacement sur la page (qui n’est jamais innocent pour la plupart d’entre elles), c’est cette aventure que je vous propose. Une aventure du langage, celui des écrivaines, et de la traduction, de l’adaptation qui vient se glisser dans notre territoire francophone pour le bousculer, le questionner à travers les symboles et les métaphores audacieuses et nombreuses, les courts-circuits, les nœuds, les déplacements d’échos sonores et de vers. Ready-made, Concept Art, structuralisme jusqu’à un post-modernisme plus lyrique, elles goûtent, elles inventent, elles avancent : douze écrivaines slovaques, douze personnalités fascinantes qui ne s’interdisent pas d’explorer les mondes intérieurs, la pleine sensualité, la question du « jeu » et du « je » ourlée, cachée derrière un « Dieu » absent ou omniprésent tandis que la première de toutes Lýdia
Vadkerti-Gavorníková (née en 1932) rappelle à la plus jeune Katarína Kucbelová (née en 1979) : n’oublie pas le parfum tourbé de tes racines, ni le sang de la terre qui t’a vue naître. Toute une aventure !
Jeanine Baude

Sommaire :
Une préface simple
Lýdia Vadkerti-Gavorniková
Mila Haugová
Jana Bodnárová
Anna Ondrejková
Dana Podracká
Viera Prokešová
Stanislava Chrobáková Repar
Eva Luka
ana Beňová
Mária Ferenčuhová
Nóra Ružičková
Katarina Kucbelová
Fenêtre sur les femmes poètes d’aujourd’hui
Notices bibliographiques

Paru le 8 mars 2019

Éditeur : Éditions PETRA

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.