Datés du jour de ponte

Auteur : Bernard Bretonnière

<i>Datés du jour de ponte</i>

« Le livre : Datés tantôt d’une bonne pinte de bon sang prise dans le jardin d’un couple d’amis – jour de pinte ! –, tantôt du jour d’une descente plus intériorisée sur une pente personnelle plus amère – jour de pente ! ça arrive –, les poèmes de Bernard Bretonnière nous parlent de tous ces petits riens qui ne sont pas rien ! Il y évoque tout aussi bien ses proches – les siens qu’il a à cœur ou les vieux qui l’émeuvent et le touchent ! – que les poètes qu’il apprécie : Pierre Tilman et Jacques Rebotier ou Valérie Rouzeau et les Nantais Jean-Pascal Dubost, Daniel Biga ou Guy Bellay, l’inoubliable auteur de « Léone, mets-toi nue », ou encore Lucien Suel, le rocker de Star Scriwer, qui comme lui appartient à la Confrérie des Camés de l’Oreille, la grande Internationale de ceux qui entendent un mot pour un autre comme disait Tardieu ! On connaît la virtuosité de Bretonnière pour latiniser les glissements de sens, les dégelées de noms propres, les à-peu-près langagiers, les répétitions insistantes et révélatrices que l’on retrouve, entre autres, dans cette déclinaison caustique faite d’une suite de « naturellement » :
Naturellement Mercedes. / Naturellement décapotable. / Naturellement dimanche midi. / Naturellement grand soleil. / Naturellement route de l’océan. / Naturellement lunettes noires. / Naturellement beaucoup plus jeune que lui. / Naturellement blonde. / Naturellement ?
jusqu’à cette interrogation finale plus expressive que bien des longs discours. On la redécouvre ici et là bien sûr mais, pour le reste, le propos est plus humainement fibreux si j’ose dire, plus tendrement désabusé. Personnellement j’aime beaucoup cette alternance et ce regard à la Buster Keaton que Bretonnière porte sur certaines choses anodines comme ses chaussettes par exemple – un divin cadeau de Reine ! sa Reine ! Allez-y voir au jour de ponte daté du mercredi 22 mai et revenez ensuite à la case départ. C’est tout un bonheur, tout un bonheurs. »

Extrait de la préface de Jean-Pierre Verheggen.

Paru le 1er décembre 2016

Éditeur : Les Carnets du Dessert de Lune

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes