De ça de Vladimir Maïakovski

De ça de Vladimir Maïakovski

HENRI DELUY
L’adresse à Vladimir

Ouverture, traduction et notes Henri Deluy

Moscou, sur le chemin du transsibérien, avec Liliane et Jean-Jacques. À nouveau le musée qui occupe ta maison, Vladimir, à nouveau, la force du futurisme.

Ses typographies, ses mots défaits, l’orgueil passionné de la construction verbale, l’univers éperdu du néologisme et de ses gammes chromatiques, de la création à tout va, de l’emprunt, du détournement, de la dérision, de la composition par mots-valises, des faux anagrammes, des élargissements sémantiques, des démontages internes, des étymologisations,
des siglaisons.

Ce qui fait la puissance de ton écriture, Vladimir et qu’aucune traduction jamais… Et qu’il faut traduire, chaque fois autrement !]

DE ÇA, un des poèmes majeurs de Vladimir Maïakovski, paraît aujourd’hui dans une nouvelle traduction. Ecrit en 1923/24, DE ÇA est précédé d’une Adresse à Vladimir, où le poète Henri Deluy, traducteur et
anthologiste, animateur de la revue Action Poétique, fondateur de la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne, tente de dénouer les fils de son attachement à Maïakovski.

Paru le 1er septembre 2008

Éditeur : Inventaire/Invention

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Georges Didi-Huberman

Survivance des lucioles

Les lucioles, il ne tient qu’à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d’humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensée à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle.

Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Éditions de Minuit, 2009.