De cime et d’abîme

Auteur : Alexandre Voisard

De cime et d'abîme

Le titre de ce recueil trouve son explication dans une formule mnémotechnique que les maîtres d’autrefois adressaient aux écoliers qui ne savaient où placer l’accent circonflexe : « La cime est tombée dans l’abîme. ». Cette expression apparemment anodine nous rappelle que le poète s’attache à la fois aux sujets les plus élevés (la vie, la mort) et aux réalités les plus ordinaires (le coquelicot ou « l’ortie, qui n’ose pas dire son nom »). Elle démontre également qu’Alexandre Voisard, fasciné par les vertiges incessants de la sémantique, aime faire « des ricochets sur l’eau de la parole commune ».
Composé d’impromptus subtilement agencés, De cime et d’abîme fait référence aux territoires de l’enfance : celle du poète fidèle à ses origines qui a su garder le goût de la nature et des choses vraies ; celle de son petit-fils Nicolas, victime d’une mort prématurée.

Paru le 2 février 2007

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.