De cime et d’abîme

Auteur : Alexandre Voisard

De cime et d'abîme

Le titre de ce recueil trouve son explication dans une formule mnémotechnique que les maîtres d’autrefois adressaient aux écoliers qui ne savaient où placer l’accent circonflexe : « La cime est tombée dans l’abîme. ». Cette expression apparemment anodine nous rappelle que le poète s’attache à la fois aux sujets les plus élevés (la vie, la mort) et aux réalités les plus ordinaires (le coquelicot ou « l’ortie, qui n’ose pas dire son nom »). Elle démontre également qu’Alexandre Voisard, fasciné par les vertiges incessants de la sémantique, aime faire « des ricochets sur l’eau de la parole commune ».
Composé d’impromptus subtilement agencés, De cime et d’abîme fait référence aux territoires de l’enfance : celle du poète fidèle à ses origines qui a su garder le goût de la nature et des choses vraies ; celle de son petit-fils Nicolas, victime d’une mort prématurée.

Paru le 2 février 2007

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.