Déchiffrez les cendres de Jerzy Ficowski

Déchiffrez les cendres de Jerzy Ficowski

Jerzy Ficowski
est né en 1924 - il représente plus de soixante ans de poésie polonaise.
Soldat de la Résistance sous l’occupation, opposant au régime de la Pologne populaire, il a été souvent interdit de publication pendant et après la période stalinienne. Il est désormais reconnu et célébré tant dans son pays qu’à l’étranger.
Jerzy Ficowski étonne par l’étendue de ses connaissances et par la qualité de ses engagements. Pour la cause de la poésie tout d’abord : il est un des plus grands poètes polonais vivants, enfin universellement reconnu à quatre vingts ans, mais aussi un traducteur inspiré de la poésie roumaine, dalmate, espagnole, russe…
Et le porte-parole en Pologne de la poésie tsigane et juive.
Il a découvert, traduit, défendu la poésie des tsiganes polonais et sa porte-parole Papusza. Il est le "découvreur" de Bruno Schulz qui, sans ses efforts incessants, n’aurait pas subsisté dans la mémoire littéraire du monde. Il a traduit la poésie populaire juive et aussi les poètes yiddish, tant d’avant-guerre que de l’Anéantissement, comme Itshak Katzenelson et son Chant du peuple juif assassiné. Et surtout sommet de la compassion et de la solidarité humaine - il s’est lui-même fait poète de la Shoah, dans ce recueil Déchiffrer les cendres qui est enfin aujourd’hui mis sous les yeux du lecteur francophone.

Paru le 1er mars 2005

Éditeur : Est-Ouest Internationales

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.