Des disparitions avec vent et lampe

Auteur : Fanny Garin

Des disparitions avec vent et lampe

Des disparitions avec vent et lampe se compose de trois parties nées d’un même lieu : une chambre, « chambre vide et réelle », mais aussi « lieu des drames » et « chambre de morte », à partir de laquelle va advenir la langue…
De la mort ou du drame, rien ne sera réellement dit, que ces disparitions et apparitions d’images dans et hors de la chambre. À l’intérieur, sont l’amour, le corps morcelé, la peau, les mots, la folie… et la lampe, figure centrale, « présence corporelle », « lampe drame de la chambre ». À l’extérieur, sont la pluie, la mer, les feuilles, la forêt, l’herbe et le vent, le vent partout, toujours le vent.
Émaillé d’adresses au lecteur – « comprenez‐vous », « voyez‐vous », « entendez‐vous », « je reprends » –, le poème se joue de multiples pronoms, se dérobe au je (comme une excuse), pour mieux y revenir : « et ce n’était pas moi, qui le disais », « de qui je parle // pas de moi ». Quant au recours précis aux italiques, peut‐il être interprété comme une interpolation, à lire comme un second poème caché dans le ventre du poème‐matrice ?
Par un jeu de répétitions des mêmes mots, disposés et utilisés de façon différente, l’auteure crée une langue mouvante, entêtante, sans cesse détournée, retournée, évolutive comme une boucle en musique. Pour filer la métaphore musicale, les trois mouvements du texte composent une partition épurée qui reste cependant mystérieuse, architecturée par la rigueur de ses silences, formant souffle… « vous / vous souvenez // le vent ».

Paru le 1er avril 2019

Éditeur : Editions isabelle sauvage

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.