Diptyque avec une ombre

Auteur : Jacques Ancet

Diptyque avec une ombre

Diptyque avec une ombre comprend deux parties. La première est en vers, la seconde en prose. Les deux pièces du diptyque se reflètent l’une l’autre comme un miroir vide. « Tu ouvres les portes, les fenêtres, / tu reviens : je ne te connais pas. » Ainsi commence la première partie. Et la seconde s’ouvre par ces mots : « Ce qui pousse à continuer ressemble à du vertige. On s’approche du bord et le vide est là. On se penche, on va tomber – on tombe… ». Et le texte final donne une troisième note en profonde harmonie avec les deux premières : « Je parle, mais c’est comme si je me taisais. Le silence s’est arrêté dans ma bouche d’où sortent des mots sans voix. Les feuilles bougent. Comment dire ce que j’ignore ? Ce qui m’attend, me rejette ? Je traverse le jour et sa cendre. Quelqu’un marche dans mes pas. Si je m’arrête, il s’arrête. Demain ressemble à hier. Seul le présent n’a pas de nom. Entre mes mains, le vide a pris la forme d’un oiseau. » Il y a là un ton, fait d’une simplicité toute quotidienne et d’une sourde inquiétude. Un suspens que rien ne peut résoudre. Une fragilité que rien ne peut conforter. Cette voix de Jacques Ancet, entièrement démunie et par cela en étroite résonance avec l’aventure spirituelle, nous livre assurément beaucoup de nous-mêmes.
Collection Cahiers d’Arfuyen n° 158

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.