Écrire comme on part

Auteur : Béatrice Libert

<i>Écrire comme on part</i>

Couverture : photographie de Yanek Husianycia

A mes yeux, jamais Béatrice Libert n’avait étreint la terre de cette façon-là, et jamais ses mains jardinières n’avaient pétri, comme ici, le corps du poème comme le corps de la mort. Pétri et caressé car la langue est légère et si sensuelle quand l’auteure réveille les mots qui dormaient dans la moelle de nos os. Et du coup, elle nous encourage à rejoindre notre propre jardin. Ou notre cimetière ? Mais n’est-ce pas très proche ? Ce jardin-cimetière que nous portons en nous, au point que… « Tu ne sais jamais / Si c’est toi qui le traverses / Ou si c’est lui qui marche en toi. »
Une chose est sûre en tout cas, il faut y entrer dans ce jardin-poème, si fragile et si fraternel, s’y promener, peut-être s’y perdre, mais avec la certitude « que demain est tiède d’être déjà aimé ». Gabriel Ringlet, préface (extraits)

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : Le bruit des autres

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.