Édition 2005
Du 4 au 13 mars 2005

Édition 2005
Passeurs de mémoire

Il s’agira de conjuguer la poésie au « passé présent », ce temps qui n’appartient qu’à elle et qui fait coexister hier et aujourd’hui. Chacun sera invité à relire les poètes de jadis et de naguère, à reconsidérer les œuvres oubliées et à découvrir, derrière les mutations et ruptures successives, l’éternel retour des formes et des enjeux poétiques.
Les poètes d’aujourd’hui, qui sont sans doute les lecteurs les plus assidus des poètes d’hier, seront tout particulièrement appelés à se faire « passeurs de mémoire » en témoignant de leurs lectures fondatrices et de leurs ascendances.
Ce sera, en outre, l’occasion de solliciter l’extraordinaire réservoir de formes que constitue le patrimoine poétique universel, du haïku au sonnet, de l’églogue à la ballade, du pantoum à l’épigramme et autres fatrasies…

Jean-Pierre Siméon

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.

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