Édition 2005
Du 4 au 13 mars 2005

Édition 2005
Passeurs de mémoire

Il s’agira de conjuguer la poésie au « passé présent », ce temps qui n’appartient qu’à elle et qui fait coexister hier et aujourd’hui. Chacun sera invité à relire les poètes de jadis et de naguère, à reconsidérer les œuvres oubliées et à découvrir, derrière les mutations et ruptures successives, l’éternel retour des formes et des enjeux poétiques.
Les poètes d’aujourd’hui, qui sont sans doute les lecteurs les plus assidus des poètes d’hier, seront tout particulièrement appelés à se faire « passeurs de mémoire » en témoignant de leurs lectures fondatrices et de leurs ascendances.
Ce sera, en outre, l’occasion de solliciter l’extraordinaire réservoir de formes que constitue le patrimoine poétique universel, du haïku au sonnet, de l’églogue à la ballade, du pantoum à l’épigramme et autres fatrasies…

Jean-Pierre Siméon

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.

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