Édition 2005
Du 4 au 13 mars 2005

Édition 2005
Passeurs de mémoire

Il s’agira de conjuguer la poésie au « passé présent », ce temps qui n’appartient qu’à elle et qui fait coexister hier et aujourd’hui. Chacun sera invité à relire les poètes de jadis et de naguère, à reconsidérer les œuvres oubliées et à découvrir, derrière les mutations et ruptures successives, l’éternel retour des formes et des enjeux poétiques.
Les poètes d’aujourd’hui, qui sont sans doute les lecteurs les plus assidus des poètes d’hier, seront tout particulièrement appelés à se faire « passeurs de mémoire » en témoignant de leurs lectures fondatrices et de leurs ascendances.
Ce sera, en outre, l’occasion de solliciter l’extraordinaire réservoir de formes que constitue le patrimoine poétique universel, du haïku au sonnet, de l’églogue à la ballade, du pantoum à l’épigramme et autres fatrasies…

Jean-Pierre Siméon

Poème
de l’instant

Ossip Mandelstam

Nouveaux Poèmes 1930-1934

J’aime à voir ourdir la trame quand
après deux, trois… parfois quatre
suffocantes vagues d’apnée
vient le soupir libérateur.

Et comme il est grave et bienfaisant,
lorsqu’enfin advient l’instant
où, à travers mon balbutiement,
l’arc soudain vibre, et se détend.

Ossip Mandelstam, Nouveaux Poèmes 1930-1934, Traduit du russe par Christiane Pighetti, Éditions Allia, 2018.

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