Édition 2005
Du 4 au 13 mars 2005

Édition 2005
Passeurs de mémoire

Il s’agira de conjuguer la poésie au « passé présent », ce temps qui n’appartient qu’à elle et qui fait coexister hier et aujourd’hui. Chacun sera invité à relire les poètes de jadis et de naguère, à reconsidérer les œuvres oubliées et à découvrir, derrière les mutations et ruptures successives, l’éternel retour des formes et des enjeux poétiques.
Les poètes d’aujourd’hui, qui sont sans doute les lecteurs les plus assidus des poètes d’hier, seront tout particulièrement appelés à se faire « passeurs de mémoire » en témoignant de leurs lectures fondatrices et de leurs ascendances.
Ce sera, en outre, l’occasion de solliciter l’extraordinaire réservoir de formes que constitue le patrimoine poétique universel, du haïku au sonnet, de l’églogue à la ballade, du pantoum à l’épigramme et autres fatrasies…

Jean-Pierre Siméon

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.

Archives