Édition 2005
Du 4 au 13 mars 2005

Édition 2005
Passeurs de mémoire

Il s’agira de conjuguer la poésie au « passé présent », ce temps qui n’appartient qu’à elle et qui fait coexister hier et aujourd’hui. Chacun sera invité à relire les poètes de jadis et de naguère, à reconsidérer les œuvres oubliées et à découvrir, derrière les mutations et ruptures successives, l’éternel retour des formes et des enjeux poétiques.
Les poètes d’aujourd’hui, qui sont sans doute les lecteurs les plus assidus des poètes d’hier, seront tout particulièrement appelés à se faire « passeurs de mémoire » en témoignant de leurs lectures fondatrices et de leurs ascendances.
Ce sera, en outre, l’occasion de solliciter l’extraordinaire réservoir de formes que constitue le patrimoine poétique universel, du haïku au sonnet, de l’églogue à la ballade, du pantoum à l’épigramme et autres fatrasies…

Jean-Pierre Siméon

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.

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