Édition 2008
Du 3 au 16 mars 2008

Édition 2008
Éloge de l'autre

« Toi, qui que tu sois, je te suis bien plus proche qu’étranger » Andrée Chedid.

La poésie nous révèle cette vérité première : tout ce qui nous apparaît autre, étranger et lointain est une part de notre propre mystère. Si la langue du poème nous dépayse, c’est pour nous rendre désirable l’inconnu, l’inconnu qui nous entoure et celui qui nous habite : « Je est un autre » disait Rimbaud. Tout poème est une adresse à l’autre, une invitation comme le suggère Andrée Chedid, à sortir de notre « étroite peau » pour nous donner à la rencontre, à ce partage des différences qui seul donne sens à la communauté humaine.

Jean-Pierre Siméon

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.

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