Édition 2008
Du 3 au 16 mars 2008

Édition 2008
Éloge de l'autre

« Toi, qui que tu sois, je te suis bien plus proche qu’étranger » Andrée Chedid.

La poésie nous révèle cette vérité première : tout ce qui nous apparaît autre, étranger et lointain est une part de notre propre mystère. Si la langue du poème nous dépayse, c’est pour nous rendre désirable l’inconnu, l’inconnu qui nous entoure et celui qui nous habite : « Je est un autre » disait Rimbaud. Tout poème est une adresse à l’autre, une invitation comme le suggère Andrée Chedid, à sortir de notre « étroite peau » pour nous donner à la rencontre, à ce partage des différences qui seul donne sens à la communauté humaine.

Jean-Pierre Siméon

Poème
de l’instant

Anna de Noailles

Chaleur

Tout luit, tout bleuit, tout bruit,
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.

Anna de Noailles, 1876-1933, « Chaleur », L’ombre des jours, 1902.

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