Édition 2010
Du 8 au 21 mars 2010

Édition 2010
Couleur femme

“ Couleur femme », un thème qui vous touche (et qui nous touche), dans la continuité des années antérieures ?

Comme toujours, le thème que nous proposons n’est qu’un indicateur de direction pour guider le curieux dans le vaste territoire poétique qui est pour la plupart terra incognita. Je souhaite surtout cette année attirer l’attention sur une part du répertoire, classique et contemporain, souvent mésestimée, souvent méconnue : la poésie écrite par les femmes. Non pour signaler une particularité – bien des femmes poètes la contestent – mais pour objecter a un oubli courant tributaire, comme d’autres, de la domination masculine dans la création littéraire. Il y a beaucoup de poètes femmes (vous remarquez que j’évite le terme poétesse, le plus souvent juge péjoratif, ce qui en dit long…) des siècles passes et du XXe siècle injustement ignorées : pour une Louise Labé légendaire combien de Pernette du Guillet, de Catherine de Pisan, de Renée Vivien, Catherine Pozzi ou Marie Noel rarement lues, jamais citées ? ”

Extrait d’entretien avec Jean-Pierre Siméon

La marraine

La marraine

Poème
de l’instant

Ana Istarú

Saison de fièvre

Yo soy el día.
Mi pecho izquierdo la aurora.
Mi otro pecho es el ocaso.

Je suis le jour.
Mon sein gauche l’aurore.
Le droit, le crépuscule.

Anna Istarú, Saison de fièvre, Traduit de l’espagnol (Costa Rica) par Gérard de Cortanze, La Différence, Éditions Unesco, 1997.

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