Édition 2011
Du 7 au 21 mars 2011

Édition 2011
D'infinis paysages

Depuis des temps immémoriaux, une des plus constantes fonctions de la poésie est d’interroger, de célébrer, de renouer les liens de l’homme et de son habitat naturel.
Lisant les paysages, rajeunissant sans cesse notre regard qui leur donne sens et valeur, les poètes témoignent de l’expérience fondatrice que l’être humain entretient avec les éléments premiers que sont la colline, la rivière, le désert, le gouffre et le sommet, la forêt et le jardin, le lac, la mer et la profondeur du ciel.
C’est cet enjeu de la poésie que le Printemps des Poètes 2011 mettra en avant, à travers tout particulièrement l’œuvre de quatre des voix majeures de la poésie contemporaine : Michel Butor, René Depestre, André Velter et Kenneth White. Chez ces quatre poètes en effet, il s’agit d’abord, par le moyen du poème, de rappeler la nécessité d’habiter en poète sur la terre, comme le voulait Hölderlin, c’est-à-dire en harmonie avec le cosmos et dans un appétit illimité du monde.

Jean-Pierre Siméon

La marraine

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.

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