Édition 2012
Du 5 au 18 mars 2012

Édition 2012
Enfances

L’intitulé du 14e Printemps des Poètes voudrait inviter à considérer quelle parole les poètes tiennent sur les commencements, apprentissage du monde entre blessures et émerveillements, appétit de vivre et affrontement à la « réalité rugueuse », comment leur écriture aussi garde mémoire du rapport premier, libre et créatif, à la langue.
Ce sera aussi l’occasion de mettre en lumière cette poésie qui tient l’enfant pour un interlocuteur sinon exclusif, du moins premier, une « poésie pour la jeunesse » qui, fuyant tout didactisme, s’est profondément renouvelée au cours des dernières décennies.
Nous proposons ainsi de mettre en avant dans le répertoire de poésie pour la jeunesse, le travail novateur de quatre éditeurs à travers leurs collections : Le farfadet bleu chez Cadex ; Poèmes pour grandir chez Cheyne ; Pommes Pirates Papillons chez møtus et les Éditions Rue du Monde.

Cette 14e édition est dédiée aux poètes récemment disparus Jean L’Anselme, Roland Dubillard et Georges Jean, poètes qui ont beaucoup contribué par leurs œuvres et leur engagement à faire connaître la poésie, notamment auprès du jeune public.

Jean-Pierre Siméon

Le parrain

Robin Renucci, né en 1956, a été élève à l’Atelier-École Charles Dullin, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

Le parrain

Robin Renucci, né en 1956, a été élève à l’Atelier-École Charles Dullin, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.

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