Édition 2013
Du 9 au 24 mars 2013

Édition 2013
Les voix du poème

Mobiliser chaque année pour la poésie des centaines et des centaines de milliers de personnes, lecteurs, auditeurs, acteurs culturels et éducatifs, enfants et adultes, en métropole et en outre-mer, qui eût cru cela possible il y a 15 ans ?

Qui eût cru que l’idée un peu folle des initiateurs Jack Lang, Emmanuel Hoog et André Velter, de susciter un élan populaire en faveur des poètes trouverait un écho dans des dizaines de pays et susciterait l’étonnement admiratif de grands quotidiens étrangers, le Times par exemple ?
Or, cela ne tient pas du miracle : cette réussite est l’effet du travail quotidien, obstiné et patient, de la petite équipe du Printemps des Poètes qui, avec des moyens dérisoires au regard des enjeux, a su braver les préjugés, convaincre, inciter, inventer.
Oui, la poésie est bien plus vivante qu’on ne le dit dans le cœur des Français, et la création poétique contemporaine n’a rien à envier en fait de dynamisme et de talent aux autres arts.

Peut-être enfin comprendra-t-on que le fameux « La poésie, ça n’intéresse personne », est aussi sot qu’une idée reçue à la Bouvard et Pécuchet. Nous sommes fiers au Printemps des Poètes d’avoir contribué avec d’autres à redonner crédibilité et légitimité à la poésie dans le champ culturel. Les préjugés ont la vie dure, surtout paradoxalement chez les décideurs, mais notre engagement et notre conviction sont sans compromis : la poésie, irrécupérable par le commerce et le divertissement, immédiatement partageable par tous, retrouvera sa place, majeure, dans la cité en raison même de l’utopie radicale qu’elle manifeste : l’émancipation de la conscience qui refait le monde.
Cette édition est dédiée à la mémoire de Marie Gavardin, une des premières collaboratrices du Printemps des Poètes.

Jean-Pierre Siméon

Le parrain

Le parrain

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.

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