Édition 2016
du 5 au 20 mars 2016

Édition 2016
Le Grand XXe

Cela ne fait pas de doute : on peut affirmer aujourd’hui, avec le recul nécessaire, que le XXe siècle fut pour notre pays et la Francophonie un siècle de poésie majeure. Après la déflagration dadaïste et surréaliste, qui a permis une invention formelle sans précédent et refondé l’enjeu existentiel et subversif de la poésie, jamais peut-être un temps n’a produit autant d’œuvres considérables par leur portée et leur singularité : Claudel, Apollinaire, Supervielle, Cendrars, Saint John Perse, Éluard, Breton, Aragon, Michaux, Ponge, Prévert, Queneau, Tardieu, Senghor, Char, Guillevic, Césaire, Bonnefoy, Jaccottet mais aussi Jacob, Marie Noël, Jouve, Reverdy, Desnos, Follain, Malrieu, Angèle Vannier, Cadou, Vian, Andrée Chedid par exemple…et tant d’autres à la voix plus discrète mais au timbre rare. Lisons et relisons : nous vous invitons à une pêche miraculeuse !

Le Printemps des Poètes 2016 sera l’occasion de célébrer les 50 ans de la collection emblématique poésie/Gallimard, née en mars 1966, où se trouvent réunies toutes les grandes voix du siècle passé.
Explorons également l’extrême foisonnement marqué par la diversité de l’édition du XXe (Guy Levis Mano, Pierre André Benoit dit PAB, Seghers, Rougerie, Soleil noir par exemple…) et la multiplication des revues.

Jean-Pierre Siméon

Le parrain

Le parrain

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.

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