Du 12 au 28 mars 2022

Édition 2022
L'Éphémère

Il en va des mots comme des chansons d’amour qui reviennent par surprise au détour d’une voix, d’un souvenir, d’une émotion. « J’ai pris la main d’une éphémère… » Dansait dans ma mémoire. Sans que je sache qui le premier, de Montand ou Ferré, avait semé ce trouble de l’étrangère en moi. Adolescents nous ne comprenions pas tout à cette romance des années folles, ni même à ce poème que l’on disait roman inachevé, mais pressentions ce mystère de « l’éternelle poésie » qu’Aragon dilapidait sans crier gare.

Une seule et unique voyelle, quatre fois invoquée, entre la fièvre, le murmure, la foudre, l’imaginaire, l’insaisissable, l’à-venir, l’impensé, le maternel, le fugace, la soif, l’énigme, le précaire, l’effervescence, le friable, l’envol, l’impermanence…
Plus vaste que l’antique Carpe Diem et plus vital aussi, L’éphémère n’est pas qu’un adjectif de peu d’espoir. C’est un surcroît d’urgence, de chance et de vérité. Une prise de conscience toute personnelle et cependant universelle, comme un quatrain d’Omar Khayyam, un haïku d’hiver, un coquelicot soudain, une falaise à soi, un solstice d’été, un arbre déraciné ou la vingtaine de numéros d’une revue de poètes du siècle dernier.


Il est temps de sonder à nouveau l’éphémère. De ne pas attendre à demain. De questionner ici et maintenant la part la plus fragile, la plus secrète, la plus inouïe de nos existences.


Dans les pas de Pina Bausch qui nous a légué cette renversante image : la danseuse Clémentine Deluy, née un 21 mars, n’en finit pas de traverser la scène en robe du soir, portant ce stupéfiant sac à dos à même ses épaules nues. Comme la mousse sur la pierre, tel était le titre de l’ultime spectacle, puisé en terre chilienne et photographié par Laurent Philippe, qui a escorté la chorégraphe du Tanztheater de Wuppertal durant des années. La magie étant que celui qui a choisi d’immortaliser L’Éphémère n’est autre que le fils de l’un de nos plus grands poètes français, Ludovic Janvier.


Sophie Nauleau



L’affiche dédiée aux organisateurs est accessible en libre téléchargement ci-dessous.



L’affiche

Après le « Studio aux oiseaux » de Sarah Moon, l’affiche de la 24e édition du Printemps des Poètes est signée Pina Bausch. Une image extraite de son tout dernier spectacle : « …como el musguito en la piedra, ay si, si, si… » créé au Tanztheater Wuppertal en juin 2009. Photographie de Laurent Philippe.

En lumière

10 février 2022

Là où dansent les éphémères

180 poètes contemporains se côtoient et proposent des textes pour la plupart inédits. Le plus jeune a 20 ans à peine, le plus âgé était bientôt centenaire. Tous partagent notre quotidien. Sur le thème de l’éphémère, leurs écrits sont d’une diversité et d’une richesse étonnantes. Ils offrent un large panorama de la poésie de notre époque.
Là où dansent les éphémères, anthologie, Castor Astral, 17euros, 464 pages.
En libraire dès le 10 (…)

3 février 2022

L’Éphémère – 88 plaisirs fugaces

L’ comme L’instant, E comme Envol, P comme Passion, H comme Humanité… C’est sur le mode d’un acrostiche que les Éditions Bruno Doucey ont conçu l’anthologie de la 24e édition du Printemps des Poètes. L’éphémère et son unique voyelle invoquée quatre fois, l’inachevé, le fugace, le passager… Sans omettre ces insectes qui ne vivent qu’un jour, l’enfance et ses changements incessants, la brièveté de la vie humaine au regard des temps géologiques, la mémoire en lutte contre l’effacement, le rêve plus insaisissable (…)

L’affiche

Après le « Studio aux oiseaux » de Sarah Moon, l’affiche de la 24e édition du Printemps des Poètes est signée Pina Bausch. Une image extraite de son tout dernier spectacle : « …como el musguito en la piedra, ay si, si, si… » créé au Tanztheater Wuppertal en juin 2009. Photographie de Laurent Philippe.

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : qui « ne dit ni ne cache », mais dispense des signes, des signaux, des appels. Et nous met en mouvement d’écriture.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.

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