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Saintes cedex

Solstice du silence

1er janvier 2017

Solstice du silence

En ces temps assourdissants, s’ouvrir au silence. A sa profondeur, ses variations, ses impasses, ses éclairs. A ses ombres, ses miroirs, son mystère. A ses graines. « Chaque atome de silence / est la chance d’un fruit mûr » (Valéry). S’il glace parfois, sentir aussi qu’il pénètre le corps, épure la pensée, amplifie le souffle, accueille l’intensité de l’instant, lave les mots de leur poussière. Ainsi traversée, écouter le soir, rassembler ce qui reste, ce qui éclaire encore, ébauche un chemin : éclats de (…)

Tryptique

1er décembre 2016

Tryptique

La voix s’enfonce dans le pays lointain
des démarcations d’oiseaux
atteignent les rivages de la neige
leurs pas laissent des traces
sur le givre encore indécis
C’est comme une langue étrangère
cet étonnement blanc
réappris
après tant de luttes sauvages
de lentes émergences
de continents tombés dans la mer
il y a cet isthme
cette embouchure
cette convergence des silences
cet embrasement des cerisiers
dans l’air vivant du matin.
Silvaine Arabo (extrait de Tryptique)
© Editions Alcyone et (…)

Le flou du monde de Claude Haza

1er novembre 2016

Le flou du monde de Claude Haza

"Le soir écrase les collines. La lumière rehausse un fragment de ciel. L’ambiance persiste du clair au sombre. Mais que puis-je traduire de l’union entre le jour et l’ombre ? Dans une heure il ne restera qu’un éclat de teinte étouffée par la nuit. Je regarderai mourir les braises du déclin. J’éprouverai quelque peine ou quelque chose comme une plainte devant un nouvel abandon. Maintenant la masse des arbres se fige. Me revient l’image d’un paysage encore plus vulnérable."
Poèmes extraits de Le flou (…)

Appel du large de Rome Deguergue

1er novembre 2016

Appel du large de Rome Deguergue

Soir de dune
Illumination
Aveuglement
À cette heure, mon voyage aux algues brûlées
parmi les déferlantes s’échappe en fumerolles.
Au bord de l’horizocéan plane l’aile du goéland.
Prime chant – cahiers et rouleaux – flûte de Koma.
Cette nuit la lune répand une bien étrange lueur.
L’air vibre encore de la chaleur de sa propre nature.
Toute la nuit à contempler le ciel : A n d e n k e n
dans la douce absence du (…)

Nuages en bas de page de Jacquy Joguet

1er novembre 2016

Nuages en bas de page de Jacquy Joguet

La mare ne dévoile que l’angle de sa surface, elle excelle dans un jeu de miroirs rempli de couleurs claires, front pur dans une main blanche. On sort de la nuit avec ceux qui s’éveillent, remuent sous la terre après un long sommeil. Quelques pensées pour les rejoindre et se serrer contre eux dans cette lente mobilité d’une journée naissante.
*
Le vent, les bruits sombres de sa gorge, la rage de ses (…)

Petits poèmes du jour et de la nuit

1er octobre 2016

Petits poèmes du jour et de la nuit

Le jour est né d’un arbre en fleurs Celui qui retient le ciel juste au dessus de la colline Tous les pétales sont tombés en pluie comme des graines de lumière pour ensemencer la nuit.
**
Gribouillis

des branches nues
sur le ciel gris
Marcher la tête en l’air (…)

A grands pas dans l'automne de Stéphane Amiot

1er octobre 2016

A grands pas dans l’automne de Stéphane Amiot

la verticalité du vide
miroir d’acier du vertige
dans le ciel vacant
la houle des pas vacille
des trottoirs musiciens
qui résonnent encore
de nos ultimes désertions
villes à qui sied si bien l’hiver
le froid
et la ramure nue de nos os
sidérés, nous survivons sans cesse
de nos noyades

Sonnets de William Shakespeare

1er mai 2016

Sonnets de William Shakespeare

Traduction nouvelle de Claude Mourthé

Ruralités

1er avril 2016

Ruralités

Labour si frais au fond là-bas
D’un lac de terre où vivre va
Remuer tout
Le corps
Le vent
Hersant les mottes les corneilles
Avec un ciel pervenche
En miettes

Regards croisés de Monique Saint-Jean

1er novembre 2012

Regards croisés de Monique Saint-Jean

"C’est une saison à caresser des yeux.
Elle grandit comme ventre de lune
dans les ciels blancs de l’aube
quand la fenêtre ouverte
écoute la chambre ronronner d’amour…"

Poème
de l’instant

Coplas

Où va donc ce chemin ?
- Ce chemin ne va pas :
ce chemin reste là,
à l’endroit où il est.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.