Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

Contact

Fontaine O Livres85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

Elles sont au service

5 mars 2020

Elles sont au service

« Aide à la personne, soin, accueil, éducation… Prise en charge du corps de l’autre… Entretien des bureaux, des maisons, des écoles. » Dès les premiers mots, le ton est donné sans faux-semblants : c’est des femmes au travail dont nous parle ce livre composé de petites proses. Soixante-deux textes pour être précis, comme autant d’instantanés « cadrés serrés », de fragments sans prétention qui donnent à voir les « fragments de vie » de celles qui « sont au service ». Sans jugement ni commisération, avec un sens (…)

Danser sur tes braises

6 février 2020

Danser sur tes braises

Deux textes forts et incandescents. Deux textes pour dire la femme, la fille, la mère… Dans le premier, qu’elle dédie à sa propre mère, Ananda Devi l’exil évoque auquel chaque être se trouve confronté : celui du ventre maternel. « Tout commence par la perte des eaux », écrit-elle, avant de nous livrer ce constat amer : « L’enfant s’en va et ne cessera plus de s’en aller. » Dès lors, la vie s’apparente à une longue exploration de la perte. Dans le second, qu’elle intitule Six décennies, c’est à son propre (…)

Courage ! – Dix variations sur le courage et un chant de résistance

16 janvier 2020

Courage ! – Dix variations sur le courage et un chant de résistance

Une anthologie du 22ème Printemps des Poètes établie par Bruno Doucey et Thierry Renard. En collaboration avec l’Espace Pandora.
Le courage… Les Éditions Bruno Doucey ne pouvaient rêver d’une thématique plus appropriée pour leur dixième anniversaire ! Non qu’il y ait une forme de bravoure à éditer des poètes, mais parce que toutes les valeurs portées par la maison depuis une décennie se trouvent condensées en un seul terme drapé de lumière et de nuit : mettre du cœur à vivre et à chanter la vie, trouver la (…)

La Mâle-mort entre les dents

6 janvier 2020

La Mâle-mort entre les dents

Novembre 1870, Conlie. Un jeune homme malingre, affublé d’un uniforme trop grand pour lui, se fait passer pour un soldat et pénètre dans le camp où l’armée de Bretagne et ses milliers de soldats croupissent dans la faim, le froid et les maladies. Tristan Corbière ne vient pas se battre, il vient pour dénoncer, avec sa plume de poète, la plus monstrueuse trahison qui soit. Dans une langue aussi chatoyante et piquante que celle de Corbière, Fabienne Juhel nous invite à la découverte captivante d’une (…)

Lune n'est lune que pour le chat

17 octobre 2019

Lune n’est lune que pour le chat

Illustrations Sibylle Delacroix.
À pattes de velours, Chat se faufile entre les pages de cet ouvrage. Il joue avec la lune et les étoiles, guette les navires engloutis qui remontent à la surface, glisse dans les ruelles à la poursuite de son ombre, hante les lumières de la ville et celles de la scène, avant de s’accrocher aux rideaux et de prendre la lune pour oreiller. Dans cette nuit lumineuse, tout s’anime : Goéland, un vieux célibataire mélancolique, verse une larme à la mort du jour, tandis que (…)

La femme à sa fenêtre

17 octobre 2019

La femme à sa fenêtre

Illustrations Sonia Maria Luce.
Que fait cette femme derrière son rideau ? Elle observe la vie au dehors. Et elle rêve. Elle se souvient de la joie du bébé qu’elle a attendu. Elle revoit le plaisir fou avec son petit dans ses bras. Elle pense aux enfants de Syrie, là-bas sous les bombes. Elle se souvient du bébé qu’elle a perdu. Le rideau bouge dans le vent. La femme à sa fenêtre pense à la douleur de toutes les mamans. Un petit cheval en bois, un nounours attendent celui qui peut-être ne reviendra (…)

Les mains de ma mère

17 octobre 2019

Les mains de ma mère

Illustrations Simone Massi.
Il y a une mère qui plie un mouchoir dans l’armoire. Il y a un homme qui déplie ce mouchoir, et le voilà qui remonte la route des souvenirs. Il y a un enfant qui court sur la plage, apprivoise les oiseaux, joue avec les vagues et cueille ses rêves à la pointe des phares. Il est là, entre terre et ciel. Il interroge les nuages. Il écoute chanter le vent. Se souvient de ces hommes rudes qui refusèrent la guerre. Se souvient de ces inconnus qui ne sont pas des étrangers. (…)

 La vie est belle

17 octobre 2019

La vie est belle

Illustrations Nathalie Novi.
Tout commence dans un ruisseau de montagne, un paysage de roches moussues et de cascades sauvages. Cette eau vive, surgie d’une enfance à l’ombre des talus, court de pages en pages, dévale les pentes et enjambe les océans. L’eau nous emporte dans son voyage imaginaire, gravit les volcans, fait danser pirogues et caravelles, caresse chevelures perlées de rosée et feuillages bruissants, pour finir en une vague qui fait danser l’aurore. À chaque pas, l’oiseau calligraphe, (…)

Je franchis les barbelés

5 septembre 2019

Je franchis les barbelés

« Mon baluchon d’exil » et « Berceuse pour le dieu de la guerre » : les textes qui composent le livre de Souad Labbize donnent le ton d’une poésie écrite par une femme celle qui a fait le choix de l’exil pour échapper aux diktats imposés par les hommes et par la religion. Femme libre, femme livre… Qu’elle évoque ceux que nous nommons aujourd’hui migrants, exilés, réfugiés, ou raille le retour du divin dans le quotidien, l’autrice affirme son droit à l’insoumission et à la liberté. Avec des mots simples, des (…)

La mort n'est jamais comme

6 juin 2019

La mort n’est jamais comme

À l’origine de La mort n’est jamais comme, un drame : celui de voir un être que l’on aime, une compagne, basculer dans la folie et n’en jamais revenir. Le livre, qui paraît pour la première fois en 2003, ferait presque oublier ce drame tant il est puissant, vital, organique. Mais les maisons qui portent les couleurs de ce texte – Léo Scheer puis L’Amandier – baissent pavillon, le laissant orphelin d’éditeur. La mort donc, et puis la vie qui lui dame le pion puisque nous faisons renaître ce livre, le goût (…)

Poème
de l’instant

7 Soleils & autres poèmes

Parfois
tu vois
que la terre n’est pas aussi grande
que tu le pensais.
Tu caresses son échine
tant éprouvée.

Sans cesse
tu découvres des univers.

Denise Le Dantec, 7 Soleils & autres poèmes, Éditions L’herbe qui tremble, 2020.