Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

Contact

Fontaine O Livres
85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

Dessinées

18 octobre 2018

Dessinées

Qu’elles fassent du vélo, dansent, se promènent, s’habillent ou se déshabillent, qu’elles lisent, pensent, observent, pleurent ou rient, toutes les femmes captées par le regard aimant de Zaü sont terriblement vivantes. À l’encre de Chine, à la mine de plomb, à l’acrylique, au pastel gras ou sec… peu importe la technique empruntée, le grand illustrateur les a croquées tout au long de sa vie, pour lui-même, sans rien perdre de la fulgurante beauté de ces rencontres.
Illustrations de Zaü
Avec des textes de (…)

Cerise rouge sur carrelage blanc

18 octobre 2018

Cerise rouge sur carrelage blanc

« les femmes qui me ressemblent
ne savent pas parler
le mot leur reste dans la gorge
comme un lion en cage
les femmes qui me ressemblent
rêvent…
de liberté… »

L'Ogre du Vaterland

1er juin 2017

L’Ogre du Vaterland

En 2011, par urgence vitale de s’éloigner d’une mère dévoratrice et de la langue maternelle, Paul de Brancion écrivait en trois langues Ma Mor est morte. Cinq ans plus tard, il revient à cette histoire familiale en s’attachant à la figure haute en couleur de son père. Comme le premier volet de ce diptyque parental, L’Ogre du Vaterland est un texte singulier, inclassable, souvent jubilatoire, où se mêlent deux niveaux de narration : d’un côté, « l’incroyable histoire de Léon Jacques S. », père effroyable (…)

136

1er juin 2017

136

Jamais livre publié en France n’aura été si singulier : 136 ne compte qu’un court poème en français, mais ce texte fait l’objet de 136 traductions. On y retrouve les langues les plus parlées au monde — l’anglais, l’espagnol, le chinois, l’arabe — et ces langues minoritaires, méconnues, que certains poètes des Éditions Bruno Doucey ont côtoyées ou pratiquées : le kim, langue non alphabétisée du Tchad ; l’innu-aimun d’un peuple amérindien du Québec ; le drehu, langue kanak parlée sur l’île de Lifou ; le khwedam, (…)

Balcon

1er juin 2017

Balcon

Athènes, mars 1985. Tous les jours, ou presque, un vieux poète grec arrache au silence de courts textes qui transfigurent son quotidien. Ce n’est pas un journal qu’il écrit, mais des poèmes, scrupuleusement datés, qui accompagnent sa vie et entrent en résonance avec le monde qui l’entoure. Pour nous, qui aimons sans réserve l’œuvre de Yannis Ritsos, ce livre posthume est un enchantement. Soixante-six poèmes jusqu’alors inédits en français s’y succèdent, comme autant de « galets blancs » remontés des (…)

En marche sur la terre de Louis-Philippe Dalembert

6 avril 2017

En marche sur la terre de Louis-Philippe Dalembert

Le mot de l’éditeur : « Je ne suis qu’un résident étranger sur la terre. » C’est par cette phrase des Psaumes que s’ouvre le livre de Louis‑Philippe Dalembert que j’ai la joie de publier aujourd’hui. Ce recueil est l’œuvre d’un « pied poudré » – pye poudre comme le disent les Haïtiens –, c’est-à-dire un homme dont la vie est vouée au départ et au vagabondage. Il débute par une évocation du petit pays de l’enfance, simple « grain de sable sur la carte du monde », avant de s’attacher à la figure d’un étranger en (…)

Le piano ardent de Ronny Sommek

1er avril 2017

Le piano ardent de Ronny Sommek

"Un regard décalé sur les choses de la vie. Des images insolites. De l’humour à revendre. Un goût de la modernité. Un sens inné de la culture populaire. Une écriture qui emprunte autant au street art qu’à la littérature. L’art de mêler le jazz à la musique du cœur. Et puis une tendresse folle pour les êtres, un amour immodéré pour tout ce qui vit et se bat… Oui l’écriture de Ronny Someck est unique en son genre. Celui qui se définit comme « un cow-boy de la poésie » parcourt le monde la main posée sur le (…)

<i>En quête d'un visage</i>

1er avril 2017

En quête d’un visage

Une femme attend un homme depuis longtemps… Et cet homme, parti au loin, espère que la femme ne l’oubliera pas… Histoire banale et universelle des amants séparés par le destin ? Oui et non, car l’histoire de cet homme est chantée depuis la nuit des temps, puisqu’il s’appelle Ulysse. Et voilà qu’Aurélia Lassaque nous entraîne derrière son Ulysse, l’homme qui dialogue avec « Elle », amoureuse qui n’a pas de nom. Dans ces longs chants poétiques entrelacés, composés en deux langues, l’occitan et le français, (…)

Là où il fait si clair en moi

1er mars 2017

Là où il fait si clair en moi

EXTRAIT
« Ceux qui ont peur des femmes nues
Ont perdu le chemin des Écritures
Et la plage essuie ses larmes
Ils déambulent
Le coeur haineux
L’ombre du mensonge
Enroulée sous le bras »
Que faire lorsqu’on a connu la guerre et l’exil, un « premier départ / en pays étranger », puis d’autres guerres, d’autres départs ? Que dire à ces « vies précaires », ces « vies fauchées pour rien », ces « visages de femmes / enveloppés d’un voile de contraintes » ? Comment lutter contre barbares et fous de dieu ? Où (…)

Ceux du large d'Ananda Devi

1er mars 2017

Ceux du large d’Ananda Devi

« Le ventre alourdi la gorge étranglée
La voix inerte les mains éteintes
Tu lui tournes le dos mais aucun soleil
Ne sera pareil ni aucune pluie
L’espace vide qui t’attend
Ne porte en lui aucun miracle
Tu détaches tes pieds de la boue
Et tu marches. »
Ceux du large… Qui Ananda Devi désigne-t-elle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : « Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim », avant d’être assénée comme (…)

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.