Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

Contact

Fontaine O Livres85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

Circé – Poèmes d'argile

21 mai 2021

Circé – Poèmes d’argile

Bilingue anglais (Canada)/français Préface de Murielle Szac
Qui ne connaît Circé, magicienne qu’Ulysse rencontre lors de son Odyssée ? Dans l’Antiquité, Homère la disait experte en drogues propres à opérer des métamorphoses. Par la suite, l’Histoire a souvent fait le procès de cette femme fatale qui transforme ses amants en porcs. Mais quelle Histoire ? Celle qui fut majoritairement écrite par les hommes. Dans Circé – Poèmes d’argile, Margaret Atwood renverse la table des représentations établies et des (…)

J'abrite un secret

6 mai 2021

J’abrite un secret

N comme Non. B comme Bonheur. K comme Kif et Kif-kif, à bonne distance des Keufs et du triple K. Il ne faut que trois poèmes à Nawel Ben Kraïem pour dire qui elle est et ce qu’elle ne sera jamais, ce qu’elle aime et ce qu’elle refuse. Trois poèmes, puis tout un recueil à la sincérité confondante pour donner à lire l’itinéraire intime d’une jeune femme à la voix tendre et puissante. Rébellion adolescente et fragilités – « j’ai perdu mes carnets, j’ai perdu mon cadenas, j’ai peur pour mes secrets », dit-elle (…)

Drive

22 avril 2021

Drive

La femme à la voiture verte ne / sait pas où elle va / donc elle y va à fond… » Dès les premiers poèmes le ton est donné : Drive est un hymne à la route, à l’évasion et à la liberté. Liberté de dire. De vivre. D’aimer. De traverser la vie comme les Beatniks traversaient les États-Unis, dans l’urgence de l’instant. Ce courage d’être soi, Hettie Jones en fait le mot d’ordre d’un féminisme joyeux, intrépide et assumé. Qu’elle dénonce le sort fait aux femmes en Afghanistan ou en Turquie au nom du patriarcat, qu’elle (…)

Une femme en crue

4 mars 2021

Une femme en crue

Une femme en crue, débordante de désir, sa faim de louve hantant la nuit… Un homme de la taille du torrent, « homme à mordre le soleil », qui « court au milieu de la mer » où une autre femme s’est noyée… L’ombre de la morte au fond de l’océan d’où proviennent encore ses mots doux et puissants… Et puis, la force des liens, les corps inassouvis, l’absence qui « imprègne d’iode le sexe de la femme en crue », la brûlure des doigts, leur tracé de neige des chevilles jusqu’aux seins, la cambrure du dos, ce tremblement (…)

Feux

4 mars 2021

Feux

Feux de voitures feux des confins feux de révolte feux d’injustice feux de colère feux d’abandon feux résistance feux déclaration feux d’indignés feux d’oubliés feux de sursaut feux consommés feux ciblés feux de consommation feux de vengeance feux d’impossibles feux de plaisir feux de joie feux ensemble feux d’unité feux de puissance feux d’impuissance feux d’urgence 14-Juillet Liberté-égalité-fraternité Nouvel An Liberté-égalité-fraternité feux des mensonges feux des promesses feux des mépris les nuits de (…)

Le désir aux couleurs du poème

4 février 2021

Le désir aux couleurs du poème

L’anthologie du 23ème Printemps des Poètes établie par Bruno Doucey et Thierry Renard. En collaboration avec l’Espace Pandora.
« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles… » Pour le 23e Printemps des Poètes, les Éditions Bruno Doucey ont suivi la voie ouverte par Rimbaud parce que le désir donne des couleurs à la vie. Dans cette anthologie qui rassemble des poètes français et étrangers, contemporains pour la plupart : un désir blanc de silence, d’absence et d’éternité ; un désir jaune de (…)

La baie vitrée

4 février 2021

La baie vitrée

N’avoir nulle part où aller sauf à l’intérieur de soi… Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons… Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s’est pas arrêté… Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul mais relié aux autres, à l’écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d’oiseau qui l’apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de (…)

Ne pleure pas sur la Grèce

7 janvier 2021

Ne pleure pas sur la Grèce

21 avril 1967, Athènes : des chars et des bruits de bottes, le coup d’état de la junte des colonels instaure une dictature militaire en Grèce. Les camps de concentration sont rouverts pour y jeter les opposants. Parmi eux le célèbre poète Yannis Ritsos. Pendant ce temps à Paris, un jeune homme perd la trace de l’étudiante grecque dont il est amoureux. Plongé au cœur de la préparation d’un Livre noir de la dictature, Antoine prend conscience de l’horreur fasciste à l’œuvre. En partant à la recherche du (…)

Le tournesol est la fleur du Rom

22 novembre 2020

Le tournesol est la fleur du Rom

Une farandole tsigane pour dire le jaune du soleil, le noir des camps nazis et le rouge de la vie
Le mot de l’éditrice :
Ceija Stojka disait : « nous sommes un peuple qui dans le désespoir sait danser et chanter ». Et c’est bien dans un tourbillon de couleurs, de lumière et de rires que commence cette histoire. Avec le goût de la pluie sur les lèvres, le vent dans les cheveux et les herbes folles en farandoles tsiganes. Mais vient la nuit des camps, celle des barbelés et du pouvoir d’un tout petit (…)

Tu aurais pu vivre encore un peu…

5 novembre 2020

Tu aurais pu vivre encore un peu…

Le mot de l’éditeur :
Mars 2010. Après Brassens, Brel et Ferré, disparaissait le quatrième mousquetaire de la chanson française : Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum huit décennies plus tôt. Mars 2020 : deux artistes associent leurs talents pour conjurer l’absence de celui « qui aurai[t] pu vivre encore un peu. » L’un est peintre, l’autre écrivain. Ensemble ils redonnent vie à l’homme qui détestait les interdits et chantait les poètes. Celui qui dénonçait « la grande injustice » et « la force imbécile » sans (…)

Poème
de l’instant

Sylvie Fabre G

Nos voix persistent dans le noir

Quelle parole
dépaysera nos mots
en de nouveaux vergers ?

Sylvie Fabre G., Nos voix persistent dans le noir, Éditions L’herbe qui tremble, 2021.