Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

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Fontaine O Livres
85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

Badgad Jérusalem, à la lisière de l'incendie

1er juin 2012

Badgad Jérusalem, à la lisière de l’incendie

"Fais en sorte que la larme sur la joue du cygne
soit la première pierre
dans l’océan de la joie,
et que j’apprenne
à nager"

Symphonie du Printemps

1er mai 2012

Symphonie du Printemps

Le mot de l’éditeur :
“Je suis le ciel étoilé des moissons.” Le poète qui écrit cela paraît pourtant l’avoir perdue, sa bonne étoile. Voyez plutôt : Yannis Ritsos naît en Grèce dans une famille de nobles propriétaires terriens, mais sa jeunesse est marquée par la ruine économique, des drames familiaux et la maladie. Proche du parti communiste grec, il aspire à un idéal de fraternité, mais la dictature dévaste son pays. C’est dans ce contexte désespéré que le poète écrit l’une de ses plus belles oeuvres, (…)

Tes yeux poussent la porte du monde de Pierre Vavasseur

1er mai 2012

Tes yeux poussent la porte du monde de Pierre Vavasseur

Le mot de l’éditeur :
Bien des lecteurs connaissent le reporter des pages Culture du quotidien Le Parisien. D’autres écoutent ses chroniques à la radio. Quelques-uns ont même eu la chance de l’entendre entonner des chansons d’amour à la guitare. Un homme singulier et pluriel, Pierre Vavasseur ? Oui, à condition de ne pas oublier le poète dont j’ai le bonheur de publier le premier recueil. Le titre est beau, les textes le sont aussi. Ils parlent avec justesse de ce qui ne souffre aucun bavardage : les (…)

Terres d'Outre-mer

1er mai 2012

Terres d’Outre-mer

co-édition Scéren, éd. Bruno Doucey, Orphie
Voyages à travers les mots.
D’océan en océan, de territoire en territoire, à la découverte de contes, de poèmes, de récits illustrés, la littérature comme une invitation aux voyageurs ultramarins.

Enfances, regards de poètes

1er avril 2012

Enfances, regards de poètes

A l’occasion du 14ème Printemps des poètes, les Éditions Bruno Doucey se tournent vers le thème de l’enfance en proposant une anthologie en partie composée de poèmes inédits d’auteurs contemporains. Cet ouvrage trouve son principe de structuration dans un vocabulaire emprunté au cinéma. Chaque partie, introduite par un « clap », aphorisme ou citation en rapport avec la thématique, nous rappelle que tout adulte revit à sa manière le film de sa propre enfance. De l’arrière-plan souvent secret du passé au (…)

La robe froissée

1er mars 2012

La robe froissée

En ce matin nordique
le soleil essuie ses vitres de la poussière de la nuit
en écartant les nuages épais
Il lâche ses cheveux
qui tombent avec douceur
sur les épaules de la ville noyées de brume
comme un châle de dentelle
tissé par les femmes de l’usine
et les grands-mères"

Dans la poigne du vent

1er février 2012

Dans la poigne du vent

Le mot de l’éditeur : Je connaissais les articles de ce journaliste du quotidien La Croix, mais j’ignorais que derrière le nom de François-Xavier Maigre se cachait un poète de cette trempe. Quelle trempe ? Celle d’un jeune auteur qui ose affirmer son lyrisme et sa quête de sens. Par ces poèmes empreints de musicalité et d’images oniriques, François-Xavier longe « la rive insoupçonnée qui mène à l’enfance », retrouvant les joies, les peines, les ardeurs qui l’ont fait homme. Comme s’il s’agissait de tendre la (…)

Rouge au bord du fleuve

1er janvier 2012

Rouge au bord du fleuve

"dans l’île avec le vent
et sa caresse aveugle
dans l’île ton châle rouge
et les mains nues du vent
et tu fermes les yeux
et tu entends le fleuve
son grondement sourd
le fleuve moiré d’argent"

Que toute chose se taise

1er janvier 2012

Que toute chose se taise

"Mais si, écoutez bien
C’est le bruit de ses bottes
Le despote
Qui s’enfuit
Qui part
En hâte
Qui traîne ses pas lourdement
Vers l’endroit où
Il s’endormira
Dans un cadavre vide"

Ton ventre est l'océan d'Anne Bihan

1er novembre 2011

Ton ventre est l’océan d’Anne Bihan

Le mot de l’éditeur : Il court dans le monde plusieurs Anne Bihan à la fois. La première est née en Bretagne, une enfance de grand vent vécue entre l’estuaire de la Loire et les îles du Morbihan. La seconde atteint les rivages de la Nouvelle-Calédonie en 1989 et s’y enracine. Mais c’est ensemble, l’une à l’autre liées, avec un sens aigu de la traversée, qu’elles suivent en poésie les hautes routes de la mer. Ici, des îles qui n’en finissent pas d’ouvrir leurs impasses à d’autres horizons ; ailleurs, la « (…)

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.