Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

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Fontaine O Livres
85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

Balcon

1er juin 2017

Balcon

Athènes, mars 1985. Tous les jours, ou presque, un vieux poète grec arrache au silence de courts textes qui transfigurent son quotidien. Ce n’est pas un journal qu’il écrit, mais des poèmes, scrupuleusement datés, qui accompagnent sa vie et entrent en résonance avec le monde qui l’entoure. Pour nous, qui aimons sans réserve l’œuvre de Yannis Ritsos, ce livre posthume est un enchantement. Soixante-six poèmes jusqu’alors inédits en français s’y succèdent, comme autant de « galets blancs » remontés des (…)

En marche sur la terre de Louis-Philippe Dalembert

6 avril 2017

En marche sur la terre de Louis-Philippe Dalembert

Le mot de l’éditeur : « Je ne suis qu’un résident étranger sur la terre. » C’est par cette phrase des Psaumes que s’ouvre le livre de Louis‑Philippe Dalembert que j’ai la joie de publier aujourd’hui. Ce recueil est l’œuvre d’un « pied poudré » – pye poudre comme le disent les Haïtiens –, c’est-à-dire un homme dont la vie est vouée au départ et au vagabondage. Il débute par une évocation du petit pays de l’enfance, simple « grain de sable sur la carte du monde », avant de s’attacher à la figure d’un étranger en (…)

Le piano ardent de Ronny Sommek

1er avril 2017

Le piano ardent de Ronny Sommek

"Un regard décalé sur les choses de la vie. Des images insolites. De l’humour à revendre. Un goût de la modernité. Un sens inné de la culture populaire. Une écriture qui emprunte autant au street art qu’à la littérature. L’art de mêler le jazz à la musique du cœur. Et puis une tendresse folle pour les êtres, un amour immodéré pour tout ce qui vit et se bat… Oui l’écriture de Ronny Someck est unique en son genre. Celui qui se définit comme « un cow-boy de la poésie » parcourt le monde la main posée sur le (…)

<i>En quête d'un visage</i>

1er avril 2017

En quête d’un visage

Une femme attend un homme depuis longtemps… Et cet homme, parti au loin, espère que la femme ne l’oubliera pas… Histoire banale et universelle des amants séparés par le destin ? Oui et non, car l’histoire de cet homme est chantée depuis la nuit des temps, puisqu’il s’appelle Ulysse. Et voilà qu’Aurélia Lassaque nous entraîne derrière son Ulysse, l’homme qui dialogue avec « Elle », amoureuse qui n’a pas de nom. Dans ces longs chants poétiques entrelacés, composés en deux langues, l’occitan et le français, (…)

Là où il fait si clair en moi

1er mars 2017

Là où il fait si clair en moi

EXTRAIT
« Ceux qui ont peur des femmes nues
Ont perdu le chemin des Écritures
Et la plage essuie ses larmes
Ils déambulent
Le coeur haineux
L’ombre du mensonge
Enroulée sous le bras »
Que faire lorsqu’on a connu la guerre et l’exil, un « premier départ / en pays étranger », puis d’autres guerres, d’autres départs ? Que dire à ces « vies précaires », ces « vies fauchées pour rien », ces « visages de femmes / enveloppés d’un voile de contraintes » ? Comment lutter contre barbares et fous de dieu ? Où (…)

Ceux du large d'Ananda Devi

1er mars 2017

Ceux du large d’Ananda Devi

« Le ventre alourdi la gorge étranglée
La voix inerte les mains éteintes
Tu lui tournes le dos mais aucun soleil
Ne sera pareil ni aucune pluie
L’espace vide qui t’attend
Ne porte en lui aucun miracle
Tu détaches tes pieds de la boue
Et tu marches. »
Ceux du large… Qui Ananda Devi désigne-t-elle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : « Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim », avant d’être assénée comme (…)

L'enfant n'est pas mort

16 février 2017

L’enfant n’est pas mort

1er avril 1960 : un bébé noir est tué par la police dans un ghetto d’Afrique du Sud. C’en est trop pour Ingrid Jonker, une jeune blanche qui fonce rencontrer la mère de la victime. Elle, la fille de l’un des dignitaires de l’apartheid, va écrire un poème bouleversant à la suite de ce drame. Mai 1994 : Mandela monte pour la première fois à la tribune de l’assemblée. Devant les députés médusés, il lit le poème d’Ingrid Jonker. Car la poésie est le fil de soie qui relie Nelson et Ingrid, par delà les différences (…)

<i>120 nuances d'Afrique</i>

1er février 2017

120 nuances d’Afrique

L’anthologie du 19ème Printemps des Poètes établie par Bruno Doucey, Nimrod et Christian Poslaniec
En librairie le 16 février 2017
Le mot de l’éditeur : L’anthologie que nous publions pour la 19ème édition du Printemps des Poètes est une invitation à explorer le continent injustement méconnu de la poésie africaine. Et cela ressemble à un voyage. Voyage dans le temps, à la rencontre des griots et de l’oralité native du poème ; voyage dans l’espace, d’est en ouest, du nord au sud, sans ignorer les (…)

Il y a des choses que non de Claude Ber

19 janvier 2017

Il y a des choses que non de Claude Ber

« Il y a des choses que non ». C’est à cette phrase, prononcée par une grand-mère engagée dans la Résistance, que Claude Ber doit le titre de son livre. Sept textes s’y succèdent, travaillés à la limite de la prose et du vers, et habités par une même nécessité de dire non à l’inacceptable. De la Résistance évoquée dans Le livre, la table, la lampe, à la guerre d’Algérie, l’auteure interroge le présent et la mémoire des êtres qui lui ont opposé un refus à la barbarie. Avec Célébration de l’espèce et son (…)

Le poids d'un nuage

5 janvier 2017

Le poids d’un nuage

Un an après la publication d’Une île en terre, Yvon Le Men nous offre le second volume de sa trilogie, Le poids d’un nuage. L’heure n’est plus à l’espace clos de l’enfance, aux parents, aux voisins, mais aux fenêtres que l’on ouvre, aux portes que l’on pousse. L’oiseau ne chante plus sur son arbre généalogique, il vole désormais à la rencontre du monde. « On grandit… On s’ouvre au dehors », écrit le poète dans les premières lignes du livre. Et de raconter cette ouverture qui passe par les paysages : ceux qui (…)

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.