Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

Contact

Fontaine O Livres
85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

Paris

<i>Bris de vers</i>

1er février 2016

Bris de vers

L’anthologie du 18ème Printemps des poètes établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey Préface de Bruno Doucey
L’anthologie que nous publions pour la 18ème édition du Printemps des Poètes s’apparente à un voyage dans les territoires, connus et inconnus, de la création poétique du XXème siècle. Tout commence avec Apollinaire et sa lassitude du monde ancien. Le vers se brise comme un éclat de rire, annonçant la déflagration dadaïste et surréaliste, un désir de vivre et d’écrire autrement, une rupture de (…)

Les obus jouaient à pigeon vole de Raphael Jerusalmy

1er février 2016

Les obus jouaient à pigeon vole de Raphael Jerusalmy

L’histoire : 1916 : tranchée de première première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes. Le 17 mars à 16 h, le sous-lieutenant Cointreau-whisky, alias Guillaume Apollinaire, engagé volontaire, est atteint à la tempe par un éclat d’obus alors qu’il lit une revue littéraire. La revue qu’il tenait au moment de l’impact, annotée de sa main, vient d’être retrouvée en Bavière. C’est du moins ce que prétend l’auteur de ce récit. Les 24 h qui précèdent l’impact y sont relatées heure par heure, en un cruel compte à (…)

Nomade je fus de très vieille mémoire

1er février 2016

Nomade je fus de très vieille mémoire

Le mot de l’éditeur : Qui est Anthony Phelps ? Les uns diront qu’il est l’auteur d’un livre culte, Mon pays que voici, véritable hymne à sa terre natale, Haïti. D’autres verront en lui l’un des grands écrivains de la Caraïbe, exilé au Québec, une figure phare des cinquante dernières années. Pour moi, son second éditeur de poésie en France après Pierre-Jean Oswald, il est aussi un formidable passeur de mémoire, un homme de parole et de coeur, un ami. Nomade je fus de très vieille mémoire… L’anthologie (…)

La marche de l'océan

1er novembre 2015

La marche de l’océan

Après Le Chant de ma sœur et Symphonie du printemps, le lecteur peut enfin tenir entre ses mains le troisième volet de la trilogie de jeunesse de Yannis Ritsos : La Marche de l’océan, livre jusqu’alors inédit en français. Nous sommes en 1939. Tandis que résonnent les marches militaires de l’armée allemande, le poète grec écrit un long texte voué à la houle continue de la mer. Un chant où la lointaine présence d’Ulysse se mêle à l’évocation des vieux marins « qui n’ont plus de caïques » et fument en silence (…)

Quand on a que l'amour

1er novembre 2015

Quand on a que l’amour

Quand on n’a que l’amour… La chanson de Brel, présente dans ce quatrième titre de la collection Poés’idéal, donne le ton de ce livre. L’anthologie s’ouvre, avec Arthur Rimbaud, Pablo Neruda, Louis Aragon ou Gaston Miron, sur des textes qui évoquent la « longue attente » et la peur – si prégnante dans le cœur des adolescents – d’aimer sans être aimé. Puis viennent les poèmes de la rencontre émerveillée, de l’amour fou et de la liberté. Avec Paul Eluard, Hélène Cadou, Stéphane Bataillon, le livre accorde à la (…)

Chants du métissage

1er novembre 2015

Chants du métissage

Troisième titre de la collection « Poés’idéal », Chants du métissage s’ouvre, avec Guy Tirolien ou Léon Gontran Damas, sur des chapitres qui mettent en évidence la souffrance que génèrent les discriminations raciales. Mais très vite, les poètes de l’anthologie en appellent à l’égalité entre les hommes, au respect de la différence et aux valeurs universelles. Une internationale de la solidarité humaine traverse ces pages ; et l’on se plaît à découvrir les liens fraternels qui unissent les poètes d’hier (…)

<i>Les mains fertiles</i>

1er septembre 2015

Les mains fertiles

50 poètes en langue des signes Livre-DVD Anthologie établie et présentée par Brigitte Baumié, musicienne et poète en perte d’audition. Vidéos réalisées par Pierre Garbolino, vidéaste et réalisateur. Préface de Michel Thion Brève histoire de la LSF par Michel Lamothe et Marie-Thérèse L’Huillier
Le mot de l’éditeur : Ceux qui l’ont vécu vous le diront : voir un de ses propres poèmes traduit en langue des signes procure une émotion incomparable. C’est parce que j’ai vécu cette émotion que j’ai souhaité devenir (…)

Le rapt

1er septembre 2015

Le rapt

« Neuf mois pour qu’un coeur palpite… » Le recueil de Maram al-Masri débute par l’évocation d’une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas… D’un poème à l’autre, l’auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule : l’enfant lui est enlevé, le bonheur d’aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre. Avec une simplicité désarmante, Maram raconte un épisode douloureux de sa propre histoire, faisant de l’enlèvement de son (…)

Je ressemble à une chambre noire de Roja Chamankar

1er septembre 2015

Je ressemble à une chambre noire de Roja Chamankar

Elle vit en Iran, où elle est née deux ans après la révolution. Elle écrit de la poésie et a participé au festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée de Sète, où je l’ai rencontrée. Elle, c’est Roja Chamankar, l’une des grandes voix de la jeune poésie féminine iranienne. Je ressemble à une chambre noire donne à lire, dans une édition bilingue, un large choix de ses poèmes. Les premiers se situent aux frontières de l’enfance, là où la poupée, la petite fille, la femme et la mère se rencontrent. Puis (…)

Un lent dépaysage

1er juin 2015

Un lent dépaysage

Les herbes hautes d’un arrière-pays. Un jardin. Une maison. Dans cette maison, une chaise. Une femme y est assise, mains posées sur les genoux, mémoire absente. Cette femme, qui est-elle ? Une mère en fin de vie, devenue étrangère à elle-même et aux autres. Lui rendre visite, c’est avoir « le coeur battu, grand ouvert, dévasté. » Pourtant quelque chose naît de ces rencontres de haute solitude. La maison vide s’anime d’une présence enfantine, des éclats de rire fêlent le cristal de l’oubli, des insectes (…)

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.