Éditions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

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Fontaine O Livres85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

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Quand on a que l'amour

1er novembre 2015

Quand on a que l’amour

Quand on n’a que l’amour… La chanson de Brel, présente dans ce quatrième titre de la collection Poés’idéal, donne le ton de ce livre. L’anthologie s’ouvre, avec Arthur Rimbaud, Pablo Neruda, Louis Aragon ou Gaston Miron, sur des textes qui évoquent la « longue attente » et la peur – si prégnante dans le cœur des adolescents – d’aimer sans être aimé. Puis viennent les poèmes de la rencontre émerveillée, de l’amour fou et de la liberté. Avec Paul Eluard, Hélène Cadou, Stéphane Bataillon, le livre accorde à la (…)

Chants du métissage

1er novembre 2015

Chants du métissage

Troisième titre de la collection « Poés’idéal », Chants du métissage s’ouvre, avec Guy Tirolien ou Léon Gontran Damas, sur des chapitres qui mettent en évidence la souffrance que génèrent les discriminations raciales. Mais très vite, les poètes de l’anthologie en appellent à l’égalité entre les hommes, au respect de la différence et aux valeurs universelles. Une internationale de la solidarité humaine traverse ces pages ; et l’on se plaît à découvrir les liens fraternels qui unissent les poètes d’hier (…)

<i>Les mains fertiles</i>

1er septembre 2015

Les mains fertiles

50 poètes en langue des signes Livre-DVD Anthologie établie et présentée par Brigitte Baumié, musicienne et poète en perte d’audition. Vidéos réalisées par Pierre Garbolino, vidéaste et réalisateur. Préface de Michel Thion Brève histoire de la LSF par Michel Lamothe et Marie-Thérèse L’Huillier
Le mot de l’éditeur : Ceux qui l’ont vécu vous le diront : voir un de ses propres poèmes traduit en langue des signes procure une émotion incomparable. C’est parce que j’ai vécu cette émotion que j’ai souhaité devenir (…)

Le rapt

1er septembre 2015

Le rapt

« Neuf mois pour qu’un coeur palpite… » Le recueil de Maram al-Masri débute par l’évocation d’une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas… D’un poème à l’autre, l’auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule : l’enfant lui est enlevé, le bonheur d’aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre. Avec une simplicité désarmante, Maram raconte un épisode douloureux de sa propre histoire, faisant de l’enlèvement de son (…)

Je ressemble à une chambre noire de Roja Chamankar

1er septembre 2015

Je ressemble à une chambre noire de Roja Chamankar

Elle vit en Iran, où elle est née deux ans après la révolution. Elle écrit de la poésie et a participé au festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée de Sète, où je l’ai rencontrée. Elle, c’est Roja Chamankar, l’une des grandes voix de la jeune poésie féminine iranienne. Je ressemble à une chambre noire donne à lire, dans une édition bilingue, un large choix de ses poèmes. Les premiers se situent aux frontières de l’enfance, là où la poupée, la petite fille, la femme et la mère se rencontrent. Puis (…)

Un lent dépaysage

1er juin 2015

Un lent dépaysage

Les herbes hautes d’un arrière-pays. Un jardin. Une maison. Dans cette maison, une chaise. Une femme y est assise, mains posées sur les genoux, mémoire absente. Cette femme, qui est-elle ? Une mère en fin de vie, devenue étrangère à elle-même et aux autres. Lui rendre visite, c’est avoir « le coeur battu, grand ouvert, dévasté. » Pourtant quelque chose naît de ces rencontres de haute solitude. La maison vide s’anime d’une présence enfantine, des éclats de rire fêlent le cristal de l’oubli, des insectes (…)

<i>Le carnet retrouvé de monsieur Max</i>

1er avril 2015

Le carnet retrouvé de monsieur Max

Après la donation pour le fonds Max Jacob d’un ouvrage dédicacé accompagné d’une lettre inédite de l’auteur, Bruno Doucey a relaté dans son nouveau roman Le carnet retrouvé de monsieur Max les derniers moments de la vie du poète. Ce livre a été écrit pendant la résidence de Bruno Doucey à Quimper, en 2014, dans le cadre de l’Odyssée des mots.

La femme dans le soleil de Breyten Breytenbach

1er mars 2015

La femme dans le soleil de Breyten Breytenbach

Traduit de l’afrikaans par Georges-Marie Lory Préface de Georges-Marie Lory
Le mot de l’éditeur : À vingt ans, je militais pour la libération de Breyten Breytenbach ; me voici aujourd’hui l’éditeur de ses poèmes, heureuse surprise de la vie. La vie, c’est d’ailleurs elle que chante La femme dans le soleil, itinéraire poétique d’un homme que l’histoire a changé en oiseau migrateur. Tout y est : sa survie sous le régime d’apartheid, son goût des terres fauves, la vitalité charnelle de l’amour, l’état (…)

Rhapsodie pour Hispania

1er février 2015

Rhapsodie pour Hispania

Le mot de l’éditeur : « Tout commence par l’histoire d’un Indien de l’île d’Hispaniola, un jeune cacique de cette terre – c’est-à-dire un roi – qui a accueilli avec naïveté, bienveillance, l’Amiral Christophe Colomb… » Ainsi débute le livre auquel Jean Métellus travaillait encore à la veille de sa mort. Un livre que je porte comme une promesse. Rhapsodie pour Hispaniola est un récit en vers, une geste qui relate l’histoire des caciques qui gouvernaient l’île d’Hispaniola à l’arrivée des conquistadors. À travers (…)

Le coeur à trois heures de Peter Bakowski

1er février 2015

Le coeur à trois heures de Peter Bakowski

Édition bilingue
Traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol et Pierre Riant
Le mot de l’éditeur : Le cœur à trois heures du matin rassemble, dans une édition bilingue, des poèmes écrits par Peter Bakowski entre 1995, année où fut publié In the Human Night, et 2014, date de son dernier recueil, Personal Weather. D’un texte à l’autre, même fausse simplicité, même ton décalé, même propension à transmuer la quotidienneté en poème. La guerre en Bosnie, les mains usées d’un vieil homme, une intervention (…)

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.