Editions Bruno Doucey

On pourrait penser qu’une maison d’édition qui voit le jour n’a pas de mémoire, qu’elle n’est pas encore entrée dans l’Histoire. Ce n’est pas le cas pour les Éditions Bruno Doucey. À leur manière, ces dernières ont déjà une histoire parce qu’elles entretiennent une filiation avec une maison d’édition que j’ai longtemps dirigée, avant de devoir rendre les armes : les éditions Seghers, nées à la fin de la Seconde Guerre mondiale des valeurs de la Résistance et de la Libération. Leur récente mise en sommeil a renforcé ma détermination à créer une maison indépendante, libre de ses options et de sa politique éditoriale.

Une poésie vivante et généreuse, ouverte et offerte à tous, une poésie qui ouvre nos horizons et nous rend plus forts ensemble, voilà la poésie que cette nouvelle maison d’édition veut promouvoir.
Poète, éditeur de poètes, j’entends d’abord faire découvrir les richesses insoupçonnées des poésies du monde. Les premiers livres donnent le ton : les poètes que nous publions proviennent de tous les continents : de France bien sûr, mais aussi des États-Unis, d’Irak, du Canada, d’Haïti… Et nous préparons déjà, pour les années à venir, d’autres voyages autour du monde. À l’heure où la France fait valoir les prérogatives de son Identité nationale, nous tenons à rappeler que la langue française ne possède ni cadastre ni titre de propriété. Elle est un espace libéré des frontières où chaque être repousse les limites de l’horizon d’autrui.

Poésie de combat, en somme ? Oui, dès lors que nous apprenons à métisser nos héritages culturels et humains pour bâtir un nouvel art de vivre ensemble. Et puisque nous rééditerons dès l’automne les poèmes qu’il écrivit pendant la Résistance, laissons à Pierre Seghers le soin de conclure par ces mots :
« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.
Je la tiens pour essentielle à l’homme,
autant que les battements de son cœur. »

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Fontaine O Livres
85, rue de la Fontaine-au-Roi

75011

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Un trou énorme dans le ciel

1er décembre 2013

Un trou énorme dans le ciel

« J’étais petite, je suis tombée dans le néant et ma tête s’est fracassée au fond. » Qui parle ainsi au seuil du recueil de Jean-Pierre Luminet ? La réponse nous est donnée avec le texte : c’est Amande, la fille du poète, disparue à un âge et dans des conditions où la mort paraît insoutenable. Un trou énorme dans le ciel est le livre de la perte et du deuil. Dans ce long poème, le poète astrophysicien, spécialiste mondial des trous noirs et du big-bang, est face à la perte insondable de sa propre fille. Un (…)

En pleine figure, Haïkus de la guerre de 14-18

1er novembre 2013

En pleine figure, Haïkus de la guerre de 14-18

Ce livre me pousse à bousculer d’emblée une idée reçue : non, l’art du haïku ne fut pas découvert en France après la destruction d’Hiroshima. Au début du XXe siècle, des poètes initiés à la sensibilité japonaise écrivaient déjà des haï-kaïs publiés dans des revues ou des plaquettes. Lors de la Première Guerre mondiale, de jeunes poètes, qui avaient rendez-vous avec la mort, se sont livrés à cet art de l’esquisse, saisissant un tableau en trois coups de brosse. Leurs noms sont aujourd’hui méconnus mais ils (…)

<i>S'il existe un pays</i>

1er novembre 2013

S’il existe un pays

Le mot de l’éditrice : Poète, éditeur de poètes, ainsi se définit Bruno Doucey. Depuis des années, il se consacre tout entier à faire éclore les oeuvres des poètes qu’il publie dans sa maison mais il n’a jamais cessé de laisser sourdre en lui les poèmes. Simplement, il les a négligés, jetés au fond d’un tiroir, se refusant à en être l’éditeur. Parce que ces textes surgis au fil de ses voyages, de ses rencontres et de son engagement sont l’essence même de ce que sa maison d’édition incarne, je l’ai enfin (…)

Rebâtir les jours

1er septembre 2013

Rebâtir les jours

« Discrétion de l’averse », « Mots sans racines », « Mirage », « Saison de sel » : les poèmes de ce recueil nous rappellent que Salah Al Hamdani vient d’une région de sable et de vent. Un royaume dévasté par la dictature, les guerres et le terrorisme. Un pays à reconstruire. Avec des mots simples et un lyrisme à la puissance contenue, le poète n’évoque pas seulement l’exil qui est le sien, sa mère restée dans la guerre ou les victimes d’une déchirure qui semble ne jamais vouloir prendre fin. Il s’attache aussi (…)

Un présent qui s'absente

1er septembre 2013

Un présent qui s’absente

Le mot de l’éditeur :
« Comment savoir si l’on est toujours de ce monde ? », s’interroge Michel Baglin au seuil d’Un présent qui s’absente. Comme pour se donner des preuves de vie, le poète établit au fil des textes la carte d’une géographie personnelle toujours en mouvement : quais de gare, trains en partance, quartiers où l’on musarde, chemins de halage, routes et ponts… Poète fraternel, inlassable compagnon de route des gens qui passent, l’écrivain n’oublie pas les êtres qui occupent ces espaces et qui (…)

Voix vives de la méditerranée

1er septembre 2013

Voix vives de la méditerranée

20 langues, 38 pays, 106 poètes :
Albanie, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Bahreïn, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Catalogne, Chypre, Colombie, Croatie, Égypte, Émirats arabes unis, Espagne, France, France Occitanie, Grèce, Irak, Iran, Israël, Italie, Jordanie, Kosovo, Liban, Libye, Macédoine, Malte, Maroc, Mexique, Monténégro, Oman, Palestine, Portugal, Serbie, Slovénie, Syrie, Tunisie, Turquie. Cette anthologie, conçue dans les semaines qui précèdent la quatrième édition du festival Voix Vives de (…)

Elle va nue la liberté

1er avril 2013

Elle va nue la liberté

"L’avez-vous vu ?
Il portait son enfant dans ses bras
et il avançait d’un pas magistral
la tête haute, le dos droit
Comme l’enfant aurait été heureux et fier
d’être ainsi porté dans les bras de son père
Si seulement il avait été
vivant."

Trois fois rebelle de Maria-Mercè Marçal

1er avril 2013

Trois fois rebelle de Maria-Mercè Marçal

Le mot de l’éditeur : Voici publiée, pour la première fois en France, l’une des voix majeures de la poésie catalane : Maria-Mercè Marçal, née à Barcelone en 1952, disparue prématurément en 1998. Cette édition bilingue donne à lire un large choix de ses textes, mettant en évidence la diversité de son écriture et l’intensité de son rapport à la vie. Le recueil s’ouvre sur un texte qui voue la poésie au féminisme militant et se clôt sur les poèmes poignants de Raison du corps, publié à titre posthume. Entre ces (…)

<i>Pour que chantent les salamandres</i>

1er avril 2013

Pour que chantent les salamandres

Le mot de l’éditeur : Elle s’exprime en deux langues, le français et l’occitan, sans que l’on sache toujours, dans le cours limpide de son écriture, quelle est la part de l’affluent et celle du confluent. Elle, c’est Aurélia Lassaque, poète née en 1983 que je suis heureux d’accueillir dans ma maison d’édition. L’univers poétique d’Aurélia est libre, fantaisiste, singulier. Dans ce recueil, elle nous convie d’abord à une fête païenne lors de la journée la plus longue de l’année, celle du solstice d’été. (…)

Les terres rares

1er avril 2013

Les terres rares

Extrait :
Nous imposons les mains
afin que la chaleur
parvienne jusqu’à toi
Déjà te prévenir
des tendresses fragiles.

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.