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8 Allée Marcel Paul

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VARENNES-VAUZELLES

Ce qui sous le blanc se tait

1er juin 2013

Ce qui sous le blanc se tait

tout commence
dans un dédale de rues
dans le même blanc d’une heure
vide, pavée, couchée
entre l’air et le rien du monde
au plus intime et au plus clair
étourdissement du cœur
pour aller pas dans un lieu
pas dans un corps
mais quelque part
dans le dehors de soi
mon souffle en toi
ce que tu murmures
au comble de la douceur

Carnet d’au bord de Sophie G. Lucas

1er juin 2013

Carnet d’au bord de Sophie G. Lucas

Je travaille, je lis, j’organise ma nouvelle vie, je me
fais de précieux amis. Mais lorsque je me regarde
dans le miroir, il y a un trou à la place de mon visage.
Je prie sans prier. Je ne demande rien. Je suis juste
reconnaissante que mes mains puissent ressentir
l’écorce des arbres, l’humus de feuilles et d’aiguilles
de pins.
Mes mains inutiles mais vivantes, loin de moi.
Je n’entends plus la musique que font les mots entre
eux.
L’air ne vient pas.
Une journée presque à ne pas être (…)

Nous valsons

1er octobre 2012

Nous valsons

Il y a comme une jubilation à mettre à distance la gravité par une valse d’images empreintes de l’enfance, sans jamais tomber dans l’insouciance et la naïveté. Car on sait bien de quoi il retourne en toile de fond. Nous valsons pour dire peut-être, nous allons, avec toute la quincaillerie de l’existence, et ça sonne et roule à l’oreille du lecteur pour un vrai grand plaisir.
coeur galactique et nos nuages d’après-guerre
nous prononçons bientôt matin
et au galop ce qui résonne
plus d’embarras (enfin) (…)

Le mystère de la beauté

1er mars 2011

Le mystère de la beauté

Poème
Il est dans la campagne une science que je ne sais
pas lire, quand la pluie commence à tomber
avec la monotonie du soir et que son bruit
interrompt le silence qui croît sur
la pelouse, quand les oiseaux ne
chantent pas. J’effeuille ses pages,
entre le sentier et la roselière
qui cache la rive presque sèche ; et
une logique d’équations automnales
me ravit la lumière qui entrouvrait un
désir d’été, comme si la nuit
était arrivée pour rester. Mais quand
je ferme le livre et que j’oublie (…)

Compris dans le paysage

1er septembre 2010

Compris dans le paysage

Compris dans le paysage, synthétise l’expérience d’une conscience sensible accablée par le mal de se sentir appartenir à la grande infraternité trop souvent abjecte des hommes tout en ne pouvant s’empêcher de s’éprouver vive et nue, surgie qu’elle est, vibrante aussi, parmi les choses.
l’écrire
pour me souvenir
moi
une vie ordinaire sans rien
sans souvenirs immondes sans
grincements de dents
sans que je me sente obligé non plus
d’être
absolument moderne
doutant de tout
ce que pauvrement je (…)

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.