Editions de la Coopérative

Le projet de La Coopérative est de publier des œuvres témoignant d’un désir d’améliorer notre monde à travers une analyse lucide et novatrice de l’expérience individuelle de l’homme sur la terre. Des textes appartenant à des genres littéraires différents peuvent illustrer cet effort pour construire une réalité habitable, dont la vie de la ruche constitue un symbole immémorial.

Les textes proposés s’inscriront dans une continuité. Continuité des auteurs, d’abord. Nous entendons donner leur chance à quelques œuvres auxquelles nous croyons, ce qui suppose un suivi sur plusieurs années. La poésie étant un élément essentiel de toute littérature, nous comptons lui accorder une place importante. La prose n’entre pas moins dans notre projet, sous la forme de romans et aussi de correspondances, de recueils d’aphorismes, d’essais et de textes autobiographiques.

Il nous semble urgent de rappeler que la littérature a pour vocation de jouer un rôle actif dans le destin terrestre. Le talent des écrivains leur confère une place à part, mais l’expérience qu’ils affrontent et élaborent est celle de tout être humain. En découvrant une œuvre littéraire, le lecteur modifie sa propre perception du monde. Le catalogue de La Coopérative vise à contribuer à cet enrichissement personnel en créant comme un microcosme, un ensemble d’ouvrages accessibles, liés par des liens secrets que nous voulons rendre manifestes.

Jean-Yves Masson

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75010

Paris

Sonnets de Germont

1er novembre 2015

Sonnets de Germont

SONNETS
Tu me souris comme le jour se lève
Et tes paroles mystérieuses m’emplissent de joie.
A ces heures ensoleillées je dédie ton souvenir,
J’ai participé à ce moment de ta vie mémorable.

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.