Editions isabelle sauvage

Au départ, deux éditeurs, deux personnalités : Isabelle Sauvage et Alain Rebours, pour s’aider, se contredire, se compléter et s’enrichir… quatre petites mains pour le reste.

Mais, jamais deux sans trois ? Au 1er mars, Sarah Clément nous a rejoints, et comme deux plus un(e) égale trois, et que deux + deux + deux font six… petites mains… Donc :
Isabelle Sauvage : maîtrise d’histoire de l’art (médiévale), puis éditrice/relectrice en free-lance pour de nombreuses maisons d’édition (principalement de livres d’art ou catalogues d’expos, notamment pour le Jeu de Paume)… la typographie au plomb mobile apprise sur le tas dans un atelier de typographe-imprimeur (René Jeanne), puis un autre (Michael Caine), et c’est le premier livre d’artiste(s), puis l’achat de matériel typo, et la joie de retrouver et l’art et les mots, et la tête dans les doigts.
Alain Rebours : un CAP de typographe tôt, très tôt, graphiste au fur et à mesure des années… métier qu’il transmet un temps à l’école Estienne… Tardivement, un DEA de Lettres sur René Char, puis chargé de cours à l’université Paris VII… aujourd’hui éditeur et psychanalyste.
Sarah Clément : longtemps assistante d’édition au Jeu de Paume, éditrice/relectrice en free-lance pour de nombreuses maisons d’édition (livres d’art ou catalogues d’expos)… A fondé la librairie Interlignes à Limours (Essonne) qu’elle a tenue pendant 11 ans avant de s’installer en Bretagne, où commence sa nouvelle vie.

Contact

Coat Malguen

29410

Plounéour-Ménez

Fragments du discontinu

15 juillet 2020

Fragments du discontinu

La poésie d’Isabelle Baladine Howald, instable, dépouillée, développe une sorte de précarité de la langue, une « sciure de voix / voix diffractée », seul moyen d’approcher ce qu’elle appelle le « discontinu », nous donnant à entendre un ego et un sum en détournant à son profit la célèbre phrase de Descartes (cogito ergo sum), lâchant au passage la lettre r de ergo, le transformant en ego : un passage d’un « donc » en « moi ».
Elle cherche un ravissement, un emportement où ce ego/moi et ce sum/je suis se (…)

Proëlla

15 juillet 2020

Proëlla

« Dans le rite religieux ouessantin de la proëlla, le corps du marin disparu en mer est symbolisé par des petites croix de cire (proëlla) veillées au domicile du défunt, ensuite portées à l’église et transférées au cimetière », nous précise Erwann Rougé dès l’exergue. Mais le terme proëlla signifie également, littéralement, en breton, « retour au pays ».
Cette suite de poèmes, qui s’écrit dans « le va-et-vient des morts et des vivants » une nuit de dimanche pour finir « à cinq de lundi », ponctuée de chants comme (…)

L'invisible de Juliette Agnel

15 juin 2020

L’invisible de Juliette Agnel

« Je crois que l’art qui me touche tient à cette relation du réel à l’invisible. À ces forces qui nous entourent mais que nous ne voyons pas. C’est une autorisation de croire à un absolu, à une rêverie qui pourrait prendre vie. »
Où qu’elle aille, Juliette Agnel semble porter ce regard subjugué sur les puissances de la nature, où l’espace et le temps sont mystères profonds. Du Mali au Groenland, des Alpes au Maroc ou au Soudan, les paysages sont révélés, sublimés par l’expression d’une intériorité. Lors de (…)

Barque pierre de Frédérique de Carvalho

15 juin 2020

Barque pierre de Frédérique de Carvalho

« cette fois la barque était / de pierre / un granit échoué entre lande / et forêt »
Barque pierre est né de la résidence, à l’automne 2019, de Frédérique de Carvalho à l’ancienne poste de Plounéour-Ménez, au cœur des monts d’Arrée, « pays d’attache » où « la lande aura dressé / la table » d’écrire, la « bogue hérissée de l’instant » à portée du carnet.
La narratrice, « elle », se retournant tel Orphée sur une Eurydice pourtant « déjà morte », se retrouve confrontée, comme convoquée, à un corps à corps avec une mémoire  (…)

Pointillés

26 août 2019

Pointillés

Françoise Louise Demorgny, comme dans Rouilles et Un écart, ses précédents livres, retrouve les Ardennes, ce pays d’enfance qui la « tourmente fidèlement » et ses « voix urgentes » qui « montent des marges de l’oubli ». Se dessine peu à peu la figure de la mystérieuse tante Pierrette, placée chez les Filles du Cœur miséricordieux de Marie où naîtra Roland, l’enfant illégitime. Si les pointillés du titre sont bien sûr ceux de la frontière entre la France et la Belgique, figure centrale du récit, « lieu de tous (…)

Arabat

1er avril 2019

Arabat

Livre accompagné de deux films sur DVD, de photographies des auteures et de dessins d’Agnès Dubart
Arabat réunit un ensemble de textes, photographies et dessins et un film en deux parties sur DVD, le tout né de la résidence, en 2018, d’Élodie Claeys et de Caroline Cranskens à Plounéour‐Ménez, en plein cœur des monts d’Arrée. Le titre, signifiant en breton « ne pas » (aussi bien : « interdit », « défense de » — « ça suffit »), est inspiré d’un poème d’Anjela Duval (1905−1981), paysanne et poétesse bretonne (…)

Une même lunaison

1er avril 2019

Une même lunaison

Une même lunaison est le « journal » d’une lunaison, l’intervalle de temps séparant deux nouvelles lunes. Ce journal tel un cycle en partage relatant les vies d’ils ou elles – au singulier, en solitude souvent, des gens plutôt âgés, quelques enfants ou écoliers – est séparé en deux parties construites chacune sur quinze jours, « Un même vent » et « Un même temps », titrées d’après le terme de marine « lunaison de vent ou du même temps / du même vent ou de temps ». « Il y a ici tout un monde qui s’affaire (…)

Ruine balance

1er avril 2019

Ruine balance

Ruine balance reprend le flot du Journal de l’attente et de Nuit témoin, fait corps avec eux, constituant ainsi le troisième volet d’un triptyque, se déployant comme le livre de la « renaissance », de la traversée, du passage, après la perte et l’effondrement : « tout l’été enterrer nuit témoin ». Et si « le désastre n’est jamais scellé », l’obscur, la ruine toujours là, en flux et reflux, en remous, « capable le désir attaque / au cinquième coup du matin / dans le corps l’abondance s’obstine / reconnaître à la (…)

Des disparitions avec vent et lampe

1er avril 2019

Des disparitions avec vent et lampe

Des disparitions avec vent et lampe se compose de trois parties nées d’un même lieu : une chambre, « chambre vide et réelle », mais aussi « lieu des drames » et « chambre de morte », à partir de laquelle va advenir la langue… De la mort ou du drame, rien ne sera réellement dit, que ces disparitions et apparitions d’images dans et hors de la chambre. À l’intérieur, sont l’amour, le corps morcelé, la peau, les mots, la folie… et la lampe, figure centrale, « présence corporelle », « lampe drame de la chambre ». (…)

<i>Éparpillements</i>

1er juin 2017

Éparpillements

c’est la maison
c’est le dedans
c’est l’enclos à quitter
c’est le vide à remplir
je chercherais et je ne pourrais rentrer -
c’est dans la tête des maisons assemblées
désassemblées que l’on emmène par les murs
la table que l’on emporte la chaise de cuisine
qui boite et qui ne boite plus
sur un autre sol
c’est la maison qui s’en va par petots morceaux
s’effrite parce qu’il n’y a personne (…)

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.