Editions isabelle sauvage

Au départ, deux éditeurs, deux personnalités : Isabelle Sauvage et Alain Rebours, pour s’aider, se contredire, se compléter et s’enrichir… quatre petites mains pour le reste.

Mais, jamais deux sans trois ? Au 1er mars, Sarah Clément nous a rejoints, et comme deux plus un(e) égale trois, et que deux + deux + deux font six… petites mains… Donc :
Isabelle Sauvage : maîtrise d’histoire de l’art (médiévale), puis éditrice/relectrice en free-lance pour de nombreuses maisons d’édition (principalement de livres d’art ou catalogues d’expos, notamment pour le Jeu de Paume)… la typographie au plomb mobile apprise sur le tas dans un atelier de typographe-imprimeur (René Jeanne), puis un autre (Michael Caine), et c’est le premier livre d’artiste(s), puis l’achat de matériel typo, et la joie de retrouver et l’art et les mots, et la tête dans les doigts.
Alain Rebours : un CAP de typographe tôt, très tôt, graphiste au fur et à mesure des années… métier qu’il transmet un temps à l’école Estienne… Tardivement, un DEA de Lettres sur René Char, puis chargé de cours à l’université Paris VII… aujourd’hui éditeur et psychanalyste.
Sarah Clément : longtemps assistante d’édition au Jeu de Paume, éditrice/relectrice en free-lance pour de nombreuses maisons d’édition (livres d’art ou catalogues d’expos)… A fondé la librairie Interlignes à Limours (Essonne) qu’elle a tenue pendant 11 ans avant de s’installer en Bretagne, où commence sa nouvelle vie.

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Coat Malguen

29410

Plounéour-Ménez

Fantasqueries

1er décembre 2016

Fantasqueries

C’est avec beaucoup d’humour que Jean-Pascal Dubost entame ses Fantasqueries en les désignant comme un « livre raté », preuves à l’appui, tempérant son autocritique en ajoutant que c’est aussi un « petit désastre jubilatoire », « hirsute »… Humour et jubilation. Maîtres-mots de l’histoire, qui seraient pourtant réducteurs si l’on ne rajoutait une immense culture littéraire… et ce n’est pas tout.
Entre prologue (en quoi le livre est raté) et épilogue (liminaire du livre non raté…), Fantasqueries offre douze (…)

Juin juillet peu importe de Sarah Clément

1er décembre 2016

Juin juillet peu importe de Sarah Clément

"Juin juillet peu importe" fut, en 2002, le tout premier livre des éditions – en somme un véritable catalyseur. Petit format carré sans même de nom d’éditeur sur la couverture, tiré en typographie au plomb à 64 exemplaires, il était alors accompagné de deux photographies de Jean Yves Cousseau. Si nous le republions aujourd’hui, c’est qu’il continue de nous accompagner – et les quelques lecteurs qu’il a eus à l’époque –, qu’il n’est absolument pas soumis à l’actualité et qu’il pourrait même représenter (…)

Intempéries d'Eric Audinet, Tom Raworth et Sarah Clément

1er novembre 2016

Intempéries d’Eric Audinet, Tom Raworth et Sarah Clément

Intempéries, projet initié au début des années 1990 en grande complicité entre les auteurs, n’avait finalement jamais pu voir le jour ; de courts extraits en ont paru à l’occasion de l’exposition éponyme de Jean Yves Cousseau à Marseille, dans le Cahier du Refuge n° 17 du cipM, en 1992. Sa pertinence, sa force font qu’aujourd’hui il semblait naturel de le publier dans la collection « ligatures », à peine repris, dans la même complicité initiale. C’est en parfaite résonance que se situent les trois auteurs (…)

<i>Basse langue</i>

1er juin 2016

Basse langue

Les livres nous arrivent dans la force du surgissement, nous rendant étrangers au familier – aussi bien en tant que lecteur qu’en tant qu’écrivain, et Christiane Veschambre parle là de ce double point de vue. Ce sont eux qui lui ont permis d’être à l’écoute de la « voix privée de langue, une voix de grand-mère débile » dont elle est la « petite-fille lettrée », à laquelle elle a tenté de donner ses « propres mots ». C’est de cheminer avec eux, en eux, qu’elle cherche la langue « qui étrange, qui étrangle », la (…)

Note étrangère de Violaine Guillerm

1er juin 2016

Note étrangère de Violaine Guillerm

Violaine Guillerm est musicienne, et c’est en musicienne qu’elle compose sa poésie. Note étrangère est bien une fugue, une écriture contrapuntique construite mot contre mot – note contre note, organisant une superposition de lignes mélodiques distinctes.
"Un désir. Un adieu. Une virgule. Ces tornades.
La rencontre, et l’absence qui entre au même endroit.
Ce rendez-vous, le corps, un lieu poreux, scintillant.
Intérieur lent.
Cette séparation qui s’appellera rouge. En deça je m’efface, et le (…)

Hantômes

1er juin 2016

Hantômes

mouvement lent des fantômes en moi ce matin
drapé des bâches en plastiques souple sur la rampe
de l’escalier
l’air s’engouffre
je déplacé sans bougé

Il y a poésie

1er juin 2016

Il y a poésie

Mathias Lair cherche une voie à la poésie aujourd’hui. Il le fait abruptement, avec humeur. Sans doute est-ce dû à la forme de ce livre, courts textes qui étaient à l’origine des chroniques écrites pour la revue Décharge, privilégiant souvent les formules lapidaires, non dénuées d’humour, ici regroupées suivant un ordre plus logique que chronologique. Et sa méthode (si ce mot peut correspondre) est simple : prenons une idée qui prévaut par son évidence et décortiquons-la. Qu’en reste-t-il ? Comme une (…)

Notre corps qui êtes en mots d'Anne Malaprade

1er juin 2016

Notre corps qui êtes en mots d’Anne Malaprade

Le livre commence par son titre : Notre corps qui êtes en mots. Analogie certaine avec le « Notre Père », ce texte est d’abord cela : une « prière horizontale », une sorte de requête à ce corps placé là en position divine, puissant donc, mais si peu réel qu’il faudrait en appeler à sa volonté, le supplier de « régner ». Et c’est le premier paradoxe : ce corps à qui on s’adresse comme un dieu est bien fragile, bien souffrant, un « corps au régime ». Et puis qu’est-ce qu’un corps ? Anne Malaprade s’essaie à la (…)

Noise

1er novembre 2015

Noise

je porte des silences, de l’herbe pour oubli, j’investis
certains passages, des intentions qui s’aimantent à peine,
les places sont tristes, j’achète des fleurs, qu’il faille ôter
ses yeux de peur de les noircir, tu mens, je ne suis pas un
cadavre, le récit d’une peine, je ne vais pas pleurer non
plus, si les gens meurent c’est qu’il ont une fonction à
accomplir, un mensonge et attendre qu’il passe, c’est une
séance, elle fixe, et quand je retourne au travail personne
ne voit mes (…)

Une, traversée

1er novembre 2014

Une, traversée

Une, traversée : dans ce livre, textes et photos font sens ensemble, corps contre corps, échangent constamment. Les auteurs ont tenté de traverser, justement, un matériau qui touche à quelque chose d’intime, pour atteindre à quelque chose qui aille au-delà d’une histoire privée, personnelle, quelque chose d’autre, de plus insaisissable. Soit des photographies de nu, autoportraits d’une femme dans l’obscurité d’une pièce, puis l’épaisseur d’une forêt (« verso des nuits »). D’un corps dévoilé rien cependant (…)

Poème
de l’instant

Coplas

Il n’y a de chemins au ciel,
il n’y a de chemins en mer,
il n’y a de chemins sur terre
que pour seulement cheminer.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.