Elégie de septembre / Elegia de septiembre

d’Orlando JIMENO-GRENDI

Le 11 septembre 1973, Santiago du Chili

Septembre somnambule : onzième jour noyé du mois, ton absence est si longue.
Des heures percent l’heure donnée, rosée et oxyde récent, aube obscure, humide humeur humain, humérus etjémur, chevelure et main en ruines, sternum et cuisses et froid métal militaire peuplent de coups l’aurore s’écroulant, et la pupille minime,fixe et précise dans la nostalgie de la mort et du rêve. (…)

Orlando Jimeno Grendi (Santiago, Chili, 1937), vit depuis les années soixante en Europe. Il est docteur en littérature hispano-américaine avec une thèse sur l’œuvre de Vicente Huidobro : La poétique du Phénix (1989). Il est aussi l’auteur de recueils de poèmes, éditions bilingues : Mandragore (1984), Le Masque de Perséphone. (1989), L’Archipel de l’Insomnie, (1998), Le Duende : Elégie à Fédérico Garcia Lorca (2000) ainsi que deux livres-objets illustrés par José de San Martin réalisés par les auteurs de la Collection Manos. 1997, La cancion de la siempreviva /La chanson de l’immortelle, et Casida de la gota de luna /Caside de la goutte de lune.

Paru le 1er octobre 2003

Éditeur : Indigo et côté femmes

Genre de la parution : Version bilingue

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.