Elles viennent dans la nuit

Auteur : Corinne Hoex

Elles viennent dans la nuit

Comment retenir les rêves, les empêcher de fuir ? L’espace d’un instant, parfois, affleure la présence d’un monde invisible. Des visages, des voix se dégagent de l’ombre. Des figures irréelles, fascinantes, fugaces, apparaissent en songe. D’énigmatiques visiteuses qui, à peine entrevues, à chaque fois s’échappent, se glissent hors de la chambre, laissant flotter l’énigme de cet instant de grâce.

Parce que le monde de la nuit est fugace, il nous manque les mots pour en parler. C’est là que le poème intervient. Dans cet entre-deux, reflet de sensations, de moments évanouis sitôt perçus… Peu importe ce que sont ces visiteuses, ces pensées, ces fantômes, elles sont différentes pour chacun, peuplant les nuits de leurs pas légers.

Le poème de Corinne Hoex se fait scansion, presque chanson, pour évoquer cette fragilité du songe.

Les images de Kikie Crêvecœur – des estampes rehaussées à l’encre – par petites touches sensibles nous emmènent dans un paysage nocturne où règnent apaisement et mystère.

Paru le 1er novembre 2018

Éditeur : Esperluète Editions

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.