Elles viennent dans la nuit

Auteur : Corinne Hoex

Elles viennent dans la nuit

Comment retenir les rêves, les empêcher de fuir ? L’espace d’un instant, parfois, affleure la présence d’un monde invisible. Des visages, des voix se dégagent de l’ombre. Des figures irréelles, fascinantes, fugaces, apparaissent en songe. D’énigmatiques visiteuses qui, à peine entrevues, à chaque fois s’échappent, se glissent hors de la chambre, laissant flotter l’énigme de cet instant de grâce.

Parce que le monde de la nuit est fugace, il nous manque les mots pour en parler. C’est là que le poème intervient. Dans cet entre-deux, reflet de sensations, de moments évanouis sitôt perçus… Peu importe ce que sont ces visiteuses, ces pensées, ces fantômes, elles sont différentes pour chacun, peuplant les nuits de leurs pas légers.

Le poème de Corinne Hoex se fait scansion, presque chanson, pour évoquer cette fragilité du songe.

Les images de Kikie Crêvecœur – des estampes rehaussées à l’encre – par petites touches sensibles nous emmènent dans un paysage nocturne où règnent apaisement et mystère.

Paru le 1er novembre 2018

Éditeur : Esperluète Editions

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes