Elles viennent dans la nuit

Auteur : Corinne Hoex

Elles viennent dans la nuit

Comment retenir les rêves, les empêcher de fuir ? L’espace d’un instant, parfois, affleure la présence d’un monde invisible. Des visages, des voix se dégagent de l’ombre. Des figures irréelles, fascinantes, fugaces, apparaissent en songe. D’énigmatiques visiteuses qui, à peine entrevues, à chaque fois s’échappent, se glissent hors de la chambre, laissant flotter l’énigme de cet instant de grâce.

Parce que le monde de la nuit est fugace, il nous manque les mots pour en parler. C’est là que le poème intervient. Dans cet entre-deux, reflet de sensations, de moments évanouis sitôt perçus… Peu importe ce que sont ces visiteuses, ces pensées, ces fantômes, elles sont différentes pour chacun, peuplant les nuits de leurs pas légers.

Le poème de Corinne Hoex se fait scansion, presque chanson, pour évoquer cette fragilité du songe.

Les images de Kikie Crêvecœur – des estampes rehaussées à l’encre – par petites touches sensibles nous emmènent dans un paysage nocturne où règnent apaisement et mystère.

Paru le 1er novembre 2018

Éditeur : Esperluète Editions

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.