Éloge pour une cuisine de province

suivi de La vie promise

Auteur : Guy Goffette

Éloge pour une cuisine de province

Préface de Jacques Borel.

On renonce, à propos de Guy Goffette, à parler de cette « poésie du quotidien » qui tombe trop souvent dans les complaisances du prosaïsme. Et pourtant voici des poèmes dont la source est dans l’instant et l’immédiat, même s’ils ont quelquefois cheminé d’abord dans la mémoire. Mais, en se gardant également des facilités du merveilleux et de l’enthousiasme lyrique, ils ouvrent, entre « la pâte des jours » et la lumière d’une « promesse oubliée », entre la nostalgie et la réalité du temps, les chemins d’une réconciliation éphémère. Cependant renouvelable puisqu’elle tient à la justesse des mots et de leur mouvement, maîtrisés dans la seule mesure où la poésie est ce qui se dérobe à toute intention de maîtrise, pour dire vrai.

Paru le 13 septembre 2000

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.