En pleine figure, Haïkus de la guerre de 14-18

En pleine figure, Haïkus de la guerre de 14-18

Ce livre me pousse à bousculer d’emblée une idée reçue : non, l’art du haïku ne fut pas découvert en France après la destruction d’Hiroshima. Au début du XXe siècle, des poètes initiés à la sensibilité japonaise écrivaient déjà des haï-kaïs publiés dans des revues ou des plaquettes. Lors de la Première Guerre mondiale, de jeunes poètes, qui avaient rendez-vous avec la mort, se sont livrés à cet art de l’esquisse, saisissant un tableau en trois coups de brosse. Leurs noms sont aujourd’hui méconnus mais ils suscitèrent l’admiration d’Apollinaire, de Max Jacob ou du jeune Paul Eluard. Quant à leurs textes… ils sont plus que de simples poèmes : ce sont des projectiles, des éclats d’humanité, des brisures d’espoir, de peur ou de vie. Les voici rassemblés pour la première fois dans une anthologie qui comporte des textes rares et de nombreux inédits. La fulgurance du fragment face au désastre de la guerre.

Paru le 1er novembre 2013

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.