Encre et lumière

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Cannes

Les mots du peintre

1er septembre 2016

Les mots du peintre

Le chien de Goya n’aboie plus,
son maître est sourd.
Ne plus entendre – le son est noir –
le cri du chien, c’est renoncer
à prononcer l’espoir.
L’aboi s’est dissous dans le brun,
il colore le tableau, et le ciel
est aux abois sombres de la nuée.
Sur le mur il y a des traces,
des mots difformes qu’un sourd
a jetés comme des crachats,
des mots de brute.

La féerie des haines de Robert Piccamiglio

1er novembre 2014

La féerie des haines de Robert Piccamiglio

La féerie des haines de Robert Piccamiglio - Linogravures de Manuel Van Thienen - Format 17 x 20,5 - 32 pages - Cahiers cousus - Composition manuelle au plomb en corps 14 Vieux Romain

Journal de la distance de François Philiponnat

1er novembre 2006

Journal de la distance de François Philiponnat

Photographies de Nadine Cabarrot.
"J’ai marché droit devant
vers ce rétrécissement au milieu des rails
comme un oeil qui roule au fond d’un mot
sans souci de retour
désireux de trajet
de cal sous les pieds
refusant le voyage à dos de lumière
acceptant de me perdre
toujours plus perméable à ce qui attend d’être dit
sensible à ce que je verrai."

Solitude des rivages

1er novembre 2006

Solitude des rivages

"écoute… à un état de solitude subie succèdera bientôt un état de solitude désirée dans la langue qui, passé ce sentiment de perte et d’effondrement dans les ténèbres d’un demi-délire, te rendra ce monde un peu plus vivable…
cher lecteur, donne-moi la main, laisse-moi t’entraîner au large, que mes vagues paroles t’ensevelissent de leur tendresse…"
Vincent Calvet

Brèche

1er janvier 2006

Brèche

Monotypes de Jean-Marie Cartereau
griffue
grille
Clair-obstacle
l’horizon a cedé
bris
d’aplats
Premier ouvrage d’une collection de huit recueils des textes poétiques de Danièle Faugeras, chacun illustré par un artiste plasticien différent.

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.