Éparpillements

Auteur : Camille Loivier

<i>Éparpillements</i>

c’est la maison
c’est le dedans
c’est l’enclos à quitter
c’est le vide à remplir

- je chercherais et je ne pourrais rentrer -

c’est dans la tête des maisons assemblées
désassemblées que l’on emmène par les murs
la table que l’on emporte la chaise de cuisine
qui boite et qui ne boite plus
sur un autre sol

- c’est la maison qui s’en va par petots morceaux
s’effrite parce qu’il n’y a personne -

Paru le 1er juin 2017

Éditeur : Editions isabelle sauvage

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.