Equateurs

La piste Pasolini de Pierre Adrian

1er janvier 2016

La piste Pasolini de Pierre Adrian

À 23 ans, Pierre Adrian part pour l’Italie sur les traces d’un écrivain insaisissable et fascinant : Pier Paolo Pasolini. Du « Frioul vide et infini » aux errances dans Rome et ses « nuits sans frein », il hume, palpe cette vie à fleur de peau, à rebours de tous les clichés.
Magnifique quand il provoque la société, Pasolini n’a cessé de bousculer les idées reçues. Quarante ans après son assassinat, il reste vivant au point de nous brûler. Premier détracteur des téléviseurs et de la vie quotidienne, il (…)

Que seule demeure la poésie du Ienisseï de Loïc Finaz

1er novembre 2015

Que seule demeure la poésie du Ienisseï de Loïc Finaz

Sur le fleuve, le Matrosov avait repris sa virée. Plein nord, vers la mer de Kara, la Nouvelle-Zemble, l’Arctique et toutes nos illusions : la légèreté, la rédemption d’une route sans poussière et l’apesanteur de l’étoile polaire…
Un cri d’oiseau avait déchiré la nuit, lui offrant cette profondeur que l’obscurité lui déniait. Au matin le soleil serait là, la rivière silencieuse. Les jours de brume s’esquiveraient sans autre pesanteur que le spleen qu’ils nous avaient légué.
Une aigrette avait déposé d’une (…)

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.