Et pendant ce temps-là

Auteur : Jean-Luc Steinmetz

<i>Et pendant ce temps-là</i>

« D’après Fukushima, tel fut d’abord le titre de ce livre. Commencé dans la campagne normande peu avant la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011, il fut marqué par ses retombées et les nouvelles qui l’entourèrent. Un séjour d’études au Japon dut être remis à l’automne. La seconde partie de ce livre en dit les occurrences. »
Jean-Luc Steinmetz
« La grâce de tout poème authentique – ainsi que ceux que signe ici Jean-Luc Steinmetz – est de se relier à tous les autres et de les relier à l’intérieur de lui (pensons, dans le cas présent, au poète japonais Issa et au Waste Land d’Eliot). Sous la forme intègre qui est la sienne, Jean-Luc Steinmetz se situe au point où se tiennent ensemble deux conceptions opposées : il est dans le désastre de l’Histoire et le recommencement du Temps. Depuis le jardin où, dans le jeu des saisons, la durée renaît perpétuellement d’elle-même, il considère la catastrophe sans appel qui paraît mettre un terme à toutes choses. Dans le désert du monde désolé de sécheresse où s’épuise la vie, il dispose le carré d’herbe et de mousse où refleurit l’éclat fragile et vain d’un nouvel instant. »
Philippe Forest

Paru le 1er avril 2013

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.